Le nouvel européen

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lundi 9 mars 2009

Les langues dans l'Union Européenne : l'exemple indien?

Il semble parfois que l'Union déraille...Et comme il n'y pas d'aiguilleur, elle le fait impunément ou à peu près. Qui chez nous, en France, a relevé cette nouvelle incongrue, que nous révèle l'inépuisable site Europa, selon laquelle, l'Union Européenne et l'Inde qui "toutes deux ont 23 langues officielles" et..l'anglais comme langue principale, doivent mettre en commun leurs expériences sur le plan de la traduction, de l'expertise linguistique etc...Le commissaire en charge des questions de culture, de jeunesse et de multilinguisme, M. Leonard Orban, un brillant technocrate roumain (celui qui a préparé l'entrée de son pays dans l'UE) en est convaincu : le mutltilingusime est un atout pour l'Europe. C'est sans doute -aucun!- vrai sur le plan culturel. L'année 2008 avait d'ailleurs été choisie par le conseil comme "l'Année du dialogue interculturel", et durant la Présidence française des Etats généraux du multilinguisme avaient été organisés le 29 septembre 2008 à Marseille. Mais la confusion est constamment entretenue dans les discours sur le multilingusime entre les bienfaits culturels du multilinguisme -qui sont évidents- et le rôle de langues de travail ou officielles d'une organisation comme l'UE. Une organisation ne peut se permettre d'avoir 23 langues comme langues officielles. Voila la réalité. Et prétendre le contraire ne fait en réalité que creuser encore davantage le sillon de l'anglais comme seule langue de communication au sein de l'UE. On encense les 23 langues que personne sauf les locuteurs "native speakers" ne parle, et on le fait en anglais...Le commissaire Orban a annoncé pour le 6 mars la signature d'une déclaration conjointe avec un ministre d'Etat de la Fédération indienne, M. Purandeshwari. Le communiqué annonçant la signature de cette déclaration indique ainsi :"La Constitution indienne déclare le hindi langue officielle de l'union. L'anglais peut être utilisé pour des motifs officiels et le pays comporte 22 langues officielles régionales. Cette riche diversité linguistique existe depuis le début de l'histoire de l'Inde et, au niveau local, elle est considérée comme tout à fait naturelle. Cette similitude avec l'Union européenne concernant le paysage linguistique fait de l'Inde un interlocuteur privilégié pour l'Europe en matière de multilinguisme. La déclaration conjointe prévoit l'organisation de discussions et l'échange de bonnes pratiques sur une base régulière".

On n'a pas connaissance de la déclaration, et on serait curieux de voir comment y est traitée cette soi-disant "similitude" de situation en ce qui concerne l'utilisation de l'anglais, entre l'Inde et l'UE. La question linguistique est l'une des plus délicates qui soient, on doit en convenir. Mais pour la Commission, et les autres intitutions de l'UE, il y n'a pas 23 langues de travail, il y en a trois : l'anglais, le français et l'allemand.
Pour le français, nous devrions nous battre avec beaucoup plus de vigueur, pour le défendre. Si nous ne le faisons pas, qui le fera? Avons-nous honte? Est-il normal par exemple, que plus de dix jours après sa parution, la version française du rapport de la Rosière sur la réforme du système financier, n'ait toujours pas été traduit en français? De telles négligences, qui sont quotidiennes, montrent bien le mépris que nous Français portons à notre propre langue, car un bon "coup de gueule" de l'Ambassadeur auprès de l'Union, ou de notre secrétaire d'Etat, M. Bruno Le Maire     devrait remettre les pendules à l'heure, et rapidement.
La promotion des langues étrangères, elle se fait à l'école, et le plus tôt possible. Car contrairement à ce qui est souvent affirmé, l'apprentissage d'une langue est une chose difficile, elle l'est autant aujourd'hui qu'il y a dix siècles. Et la mondialisation n'entraine pas un enrichissement, mais un appauvrissement, avec le mythe de la langue universelle. Le nombre des personnes parlant plus d'une langue étrangère n'augemente pas, mais diminue. En nombre croissant, sous la pression des parents d'élèves et des impératifs financiers, les pays européens limitent à une seule langue étrangère le cursus secondaire standard, et les "autres langues" (tout ce qui n'est pas l'anglais)  voient leur part constamment diminuée. 
Mais ce sujet là, essentiel pour la défense du multiculturalisme, est soigneusement occulté au moins au niveau bruxellois, dans les débats sur les langues. Une vraie lutte pour le multiculturalisme passe désormais en Europe, y compris au niveau officiel et de la production et de la diffusion des informations, par une lutte vigoureuse contre l'anglais, C'est en ces termes que la problématique doit être posée. La prochaine Commission, doit aussi avoir des critères lingusitiques comme éléments de choix pour la sélection. Ce sujet n'a rien de populaire auprès des chefs d'Etat et de gouvernement, aussi faut-il une action déterminée notamment de la France et de ses représentants pour imposer ce débat. 

mardi 24 février 2009

Banlieue 13 : toute vérité n'est pas bonne à dire, partout...

Le fait que le dernier film de Besson, "Banlieue 13" ait été déprogrammé des salles de certaines banlieues "sensibles "comme on dit, pose une série de questions : par qui la décision a-t-elle été prise? Par le distributeur UGC seulement? Y a-t-il eu des coups de téléphone d'ici et d'ailleurs (c'est mon hypothèse)? Qu'est-ce qui gêne dans ce film (je ne l'ai pas vu, donc rien à en dire sur le fond)? Besson ne travaille pas dans la dentelle, mais il a du flair. Il a bien compris que, dans ce problème des banlieues, comme on dit pudiquement, résidait, à la fois un thème "porteur" sur le plan commercial, mais aussi le défi des décennies à venir dans notre beau pays, et il entend contribuer à en rendre consciente la population. Vous vous souvenez sans doute du projet (fou, quand on connait les moeurs et pratiques politico-administratives actuelles, où dès que vous avez un projet un peu courageux et novateur, on vous assassine) qu'il nourrit de créer des studios Plaine St-Denis...Où en est-il vraiment? Les studios ouvriront-ils en 2010 comme annoncé il y a déjà quelque temps?  

Besson est aussi un authentique artiste, et il est aussi sensible à l'aspect esthétiquement fort des scènes de violence urbaine, ce qui se présente actuellement dans le monde dans un nombre limité de pays : Etats-Unis bien sûr (mais l'obésité ambiante nuit beaucoup), Grande-Bretagne, quelques mégavilles africaines comme Lagos, France...Et bien sûr, je ne peux pas ne pas évoquer Guillaume Bresson, ce jeune peintre talentueux, déjà salué sur ce site, qui décrit avec minutie justement les scènes de combat de rue à caractère ethnique.  Je me souviens encore du choc à l'estomac quand j'ai vu pour la première fois un de ses grands tableaux. "Trop fort, trop d'la balle" comme on dirait dans le 9-3...             

vendredi 13 février 2009

Sarkozy versus...Topolanek (...on a les adversaires que le hasard vous envoie...)

Copie d'un billet déposé, "chez" Quatremer (l'homme des "coulisses de Bruxelles"):

"Dans ce "jumbo" filant sur son erre, sans pilote et sans cap de navigation qu'est devenu l'UE, dans l'énorme tempête qu'elle traverse, comme tous les autres, l'UE se raccroche à quelques "bouées de sauvetage" censées rassurer l'équipage affolé. La dénonciation des sorcières maléfiques est un classique du genre en temps de misère. Une de ces hideuses sorcières est le "protectionnisme", et le jour n'est pas éloigné où, à Bruxelles, on créera le crime de négationnisme des horreurs de ce mal absolu. Comme pour les OGM d'en planter, il sera interdit même d'évoquer un monde qui ne soit "sans barrières" pour reprendre le slogan du dernier capitaine sans brevet monté à bord. Lorsque le Président Sarkozy a évoqué l'objectif d'éviter les délocalisations, ou même de relocaliser, il n'a pas dit qu'il allait employer des moyens juridiques ou coercitifs pour le faire, mais les moyens de tous les dirigeants élus qui ont une responsabilité devant leur peuple, c'est-à-dire les moyens incitatifs, qui en soi ne sont pas "illégaux" et qui sont d'ailleurs en ce moment, et en toute légalité, examinés par la Commission dans le cadre des procédures sur les aides d'Etat -procédures qui se sont récemment assouplies, et qui peuvent évoluer encore devant l'approfondissement de la crise. Donc rien que de normal et de légitime, en tout cas dans son objectif. Nous sommes donc dans le procès d'intention, et chacun s'y vautre avec délectation. Remercions M. Sarkozy d'avoir une fois de plus brisé un tabou : oui, il faut savoir le cas échéant, adapter les règles anciennes si elles ne fonctionnent plus. Oui, c'est l'ensemble de l'idéologie de la mondialisation qu'il faut revisiter, sans à piori. Le marché intérieur de l'UE doit aussi revoir ses règles de fonctionnement, et il faut revoir dans le détail les cas de concurrence faussée (comme les différences fiscales, et salariales avec l'établissement de seuils, comme cela a été fait pour la TVA) et s'élargir en "marché intérieur d'économie sociale de marché", en introduisant, au coeur du réacteur, la "pastille" sociale.  Oeuvre de longue haleine, mais qui trouvera derrière lui plus de 80% des Français (et sans doute autant d'Européens)si Sarkozy mène ce combat...Qui sera long et ardu..." 

mercredi 11 février 2009

Davos

je reproduis ci dessous le billet déposé sur le site de Mme Lenoir, un site sympathique, dans lequel Mme Lenoir fait montre de rares qualités d'écoute et de pédagogie européenne...Même, si, sur le fond, et with due respect, je la trouve un peu tendre vis à vis des développements les plus récents de l'Union Européenne, et un peu "américanophile". http://blogs.lexpress.fr/cgi-bin/mt-comments.cgixpress.fr/cgi-bin/mt-comments.cgi

Mme Lenoir nous parle cette fois de Davos. Et voici ma réaction...

"Davos, le "World Economic Forum", c'est l'idéologie de la mondialisation triomphante. La crise, c'est aussi -ce peut-être en tout cas-, la crise de la mondialisation, et pas seulement de la finance mondialisée. C'est aussi une entreprise financière plutôt prospère, et il suffit de voir le superbe siège social, avec vue imprenable sur le lac Léman que le WEF s'est offert dans la banlieue chic de Genève pour s'en convaincre. Pas étonnant donc qu'il subisse aussi les contrecoups de la crise. Les Européens s'y trouvaient jusqu'à présent fort bien, car il faut bien voir que "l'idéologie" qui a servi de ciment à la construction européenne, c'est bien celle de la mondialisation, du libéralisme -certes régulé, mais a minima. L'idée d'inventer un nouveau Davos reposant sur d'autres bases, d'autres valeurs, avec une participation des Etats, à l'initiative de l'UE mérite d'être effectivement creusée. Mais il faudrait en modifier les bases, et la finalité. Or l'UE peine terriblement à inventer de nouvelles formules dont elle serait le centre. Prenons l'exemple de la réglementation en préparation sur les agences de notation : c'est bien de réglementer, mais ne serait-ce pas mieux de promouvoir des agences européennes (elles sont toutes américaines)? ne parlons pas de l'industrie, où c'est le même tableau...Que de chantiers à ouvrir!  "   

samedi 7 février 2009

L'"affaire" Kouchner.

...Les bonnes questions ont-elles été posées, à propos du mini-scandale qui a agité la presse ces derniers temps, à la suite du livre de Pierre Péan, "Le monde selon K"?
On peut penser ce que l'on veut de M. Péan, et de son goût pour l'ouverture des armoires à secret, et je n'ai pas lu le livre en question. Je me souviens toutefois d'avoir lu "Une jeunesse française", sur le passé pétainiste de Mitterrand, et d'avoir trouvé ce livre bien documenté, et honnête, dans lequel l'auteur justement ne se posait pas en accusateur. J'ai feuilleté aussi son ouvrage sur le rôle de la France au Rwanda, et ai  fait à peu près le même constat.
Donc n'ayant pas lu le livre sur Monsieur Kouchner, je n'en parlerai pas directement.
Selon ce qu'en dit la presse, il y a deux volets dans les allégations concernant M. Kouchner: les positions politiques du French Doctor, et son goût pour l'argent, avec peut-être, à cette faveur, une confusion des genres entre des activités de consultant menées antérieurement à sa nomination comme ministre et son travail de ministre.

Comme tout le monde, j'ai attentivement écouté la défense du ministre, et dois reconnaître n'avoir pas été entièrement convaincu.

Quelques questions me brûlent les lèvres sur la question générale des études menées par Kouchner pour le compte du Gabon du Président Bongo, et comme je ne les retrouve pas dans l'abondante littérature produite sur le sujet, je les pose ici:

- pourquoi demander une étude sur l'instauration d'un système d'assurance maladie à une société conseil lorsqu'on peut l'avoir gratuitement? Quiconque a la moindre expérience du montage d'actions de coopération sait qu'une étude ne se commande pas en dehors du cadre de l'action qui la motive ou justifie, et qui a reçu l'accord d'un ou de plusieurs organismes financeurs. Au Gabon, on retrouve la panoplie des Organisations internationales actives dans le développement, et la santé. Le pays a d'ailleurs souscrit un "plan d'action du programme-pays" (CPAP) global avec le PNUD (qui assure une coordination générale des actions menées dans les pays en voie de développement par les Agences du système des Nations Unies). Sur le plan financier, il en a souscrit un autre avec la Banque mondiale, institution dont les objectifs visent également non plus seulement le domaine financier ou économique mais aussi le développement en général, l'éradication de la pauvreté (thème placé depuis une quinzaine d'années en haut de l'échelle des priorités dans les institutions internationales donatrices par les plus importants financeurs -nordiques et anglo-saxons..thème sur lequel il y aurait beaucoup à dire, mais ce n'est pas le sujet ), la défense de l'environnement (au Gabon, il s'agit surtout d'empêcher la surexploitation de la forêt tropicale). Dans aucune de ces deux grandes branches du vaste réseau de l'aide internationale, la question de l'introduction d'un système d'assurance maladie n'apparait. On voit bien des aides à des projets servant à l'installation de services de base dans les quartiers urbains défavorisés. Mais en matière de santé, la priorité absolue est réservée à la lutte contre le SIDA, et le paludisme...la protection des groupes vulnérables etc...Commander une étude venant d'un gouvernement travaillant de manière étroite avec les donateurs - et c'est le cas du Gabon, qui reçoit en moyenne toutes origines confondues une centaine de millions d'€ par an d'aide de la part des diverses agences- sans l'insérer dans un projet articulé de coopération n'a strictement aucun  sens.

La coopération française, qui intervient au Gabon pour une somme d'environ 15 M. d'€ $ ( est comptabilisée l'intervention dans le domaine culturel, ce qui réduit à une petite dizaine les sommes effectivement utilisées à des projets de développement), se concentre sur l'aide aux infrastructures de transport (construction de route - énorme problème au Gabon) et d'énergie (réseau électrique), et "envisage" un projet en matière de santé. L'UE axe elle aussi via le FED, ses interventions sur le secteur des transports (routes, contruction d'un pont au nord du pays), sur le secteur minier. Elle intervient à hauteur moyenne annuelle de 20M. d'€.     

Le Gabon est un pays d'Afrique centrale peu peuplé(1,4M.d'habitants), plutôt prospère par rapport à ses voisins (et le pétrole, ressource relativement nouvelle, ajoute à ses atouts naturels comme les bois précieux),  et il est donc considéré par les grandes Agences donatrices internationales dans une catégorié "intermédiaire", ne faisant pas partie des pays "les moins avancés". Le taux d'urbanisation est très élevé (plus de 80%), ce qui veut dire qu'il n'y a pas de problème-ou peu- de problème du monde rural. Le Gabon, ce sont quelques villes noyées dans un océan forestier, d'où les problèmes de transport. Il est classé 119ème dans la liste de l'indice synthétique de développement humain (IDH) établie chaque année par le PNUD : ce qui veut dire qu'il y en à près de 60 moins bien lotis que lui (177 pays répertoriés). Mais les indices retenus pour le calcul de cet indice sont des éléments basiques comme l'espérance de vie, l'alphabétisation, l'accès à l'eau potable, l'indice de pauvreté etc...Les Agences n'en sont pas à comptabiliser les pays offrant des services d'accès universel aux soins. Lorsqu'on connaît un tant soit peu les conditions qui prévalent dans les hopitaux africains (hormis ceux très rares bien dotés et qui soignent la petite frange aisée de la population), le principe d'une assurance maladie universelle a quelque chose de surréaliste. L'idée de doter le Gabon d'un régime d'assurance maladie universelle a pu, et fort légitimement, passer dans l'esprit du Président Bongo, surtout au moment où le Président Chirac prenait, en 2006, la tête d'une croisade internationale pour développer parmi les pays donateurs, et les pays émergents, le thème du droit à l'assurance maladie universelle. Mais, le moins qu'on puisse dire est qu'elle n'avait qu'une base de réalité ténue sur le terrain. Il est vrai qu'une loi  a été adoptée en janvier 2007 créant effectivement une Caisse nationale d'assurance maladie, ce qui a justifié, pour en assurer le financement, l'imposition début 2008, d'une taxe de de 10% sur les opérateurs mobiles. Il faut aussi relever une mise en place progressive du dispositif sur le terrain.  
Mais, à en croire le rapport d'analyse de l'OMS sur sa coopération avec l'OMS -planification 2004/7-, qui insiste justement sur les faiblesses du système de santé, l'absence de coordination des différents acteurs, on est très loin sur place du minimum permettant en toute logique l'établissement d'un système centralisé de prise en charge des soins. 

L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) se préoccupe évidemment de la question fondamentale de la couverture du risque maladie, car c'est un enjeu non seulement économique, mais de santé publique. Mais, avec la politique des ajustements structurels impulsée par les Institutions financières, et la diminution drastique des crédits consacrés par les gouvernements aux services publics -éducation, santé notamment- elle avait bien dû constater le délabrement des services de santé notamment dans les pays africains, et elle avait paré au plus pressé, la lutte contre les grandes maladies, et d'abord la pandémie du SIDA. Elle revient désormais sur ce qui fut un de ses thèmes majeurs durant les années soixante dix : garantir l'accès aux soins primaires pour tous (SSP soins primaire de santé). C'est d'ailleurs le thème dominant de son dernier rapport d'activité 2008.  Il est particulièrement intéressant d'en lire le dernier chapitre sur les expériences menées pour renforcer la gestion de système de santé nationaux, dans la perspective de l'accès aux soins. Des cas sont cités, comme la Thailande, ou le Brésil. En Afrique, les efforts de la République du Congo pour l'établissement ou le rétablissement d'un réseau de SSP sont loués. Mais rien n'est dit du cas du Gabon qui aurait dû s'il avait été probant (c'était une mini révolution en Afrique), attirer l'attention des spécialistes de l'OMS ...A se demander si la nouvelle politique a changé quoi que ce soit à la situation sanitaire du pays...

Que M. Kouchner ait accepté de se prêter à ce qui pouvait, dans ce contexte, que M. Kouchner ne pouvait ignorer, apparaître comme une opération de publicité médiatique, en réalisant une étude qui ne s'appuyait sur aucun programme concret de coopération  peut paraître léger.

- pourquoi ne pas publier l'étude en question afin de pouvoir juger de sa pertinence? Quelle a été l'équipe que M. Kouchner a dirigée sur le terrain pour poursuivre son étude? Car, si les chiffres sont exacts, la somme en cause rend compte d'un vrai travail de terrain avec déplacements multiples, enquêtes dans les hopitaux, les services administratifs etc...Cela permettrait d'éteindre définitivement la polémique.      

 Le fait que M. Kouchner ait été consultant durant la période où il n'était pas ministre n'est pas à porter à son débit. C'est son droit. Mais c'était alors son devoir de faire des études crédibles (surtout s'il briguait le poste de directeur de l'OMS, le poste étant devenu subitement vacant à la suite du décès du directeur Lee en 2006) , et sur un plan déontologique, de les inscrire dans un contexte d'actions internationales.

Deux de ses proches, M. Eric Danon et Philippe Baudouin, dirigeaient les sociétés de consultance qui ont utilisé l'expertise de Bernard Kouchner dans un certain nombre de pays africains notamment. Rien que de légal. Ce qui n'est pas légal, en tout cas qui est encadré par la loi, c'est le cumul d'une activité de fonctionnaire avec des activités privées. Une commission interministérielle, dirigée par un Conseiller d'Etat est chargée de statuer sur les demandes formulées par les impétrants, et examine en particulier en fonction des activités envisagées, de l'importance de la fonction occupée, s'il n'y a pas risque d'incompatiblité.

- Lorsque M. Danon a été nommé Ambassadeur à Monaco (octobre 2007) puis, moins d'un an plus tard à Genève* -auprès de la conférence du désarmement-, M. Danon a-t-il sollicité une autorisation de continuer à exercer ces fonctions de gérant de la société de conseil Imeda? Et dans le cas négatif, son  administration l'a-t-il prié de se plier à cette procédure, la "double vie" de l'Ambassadeur n'étant pas un mystère? Si la commission a été saisie, quelle a été sa réponse?  La réponse indirecte du MAEE, et du ministre dans une de ses plus récentes interviews, est de faire savoir que le comité d'éthique a été saisi. Mais qu'en est-il de ce comité du ministère et ses travaux en  sont-ils connus? Les avis qu'il rend au ministre sont-ils publiés? Non, et nul ne sait combien de sessions a tenu ce comité fantômatique depuis sa création en 2006 par M. Douste-Blazy au lendemain du scandale, qui avait éclaboussé le "Quai", suite à la mise en examen d'Ambassadeurs pris en flagrant délit de délit d'initiés justement. On peut, sans faire injure à l'honorable maison du Quai, constater qu'elle n'est pas la reine de la transparence, surtout lorsque des siens sont en cause.

* = Monaco, Genève tout de suite après...singulier parcours dont je ne connais pas beaucoup d'exemples dans la carrière..surtout pour être nommé à la conférence du désarmement, enceinte de spécialistes. Ce qui a nécessité de "débarquer" un honnête diplomate nommé à peine plus de dix-huit mois auparavant à Genève...Dans des cas comme ceux-là, RGPP ou pas, on ne mégote pas sur les frais de déménagement..        

Arrêté du 21/07/06 portant création du comité d'éthique du MAE:
Le comité d'éthique comprend cinq fonctionnaires du ministère des affaires étrangères en activité :
- l'inspecteur général des affaires étrangères ;
- le secrétaire général adjoint, directeur général de l'administration ;
- le directeur des ressources humaines ;
- le directeur des affaires juridiques ;
- le directeur des affaires économiques et financières.
Le comité d'éthique comprend en outre cinq personnalités qualifiées extérieures au ministère des affaires étrangères...Un décret a modifié cette composition en décembre 2007 (donc "sous" le ministre Kouchner) : on a ajouté un sixième fonctionnaire : qui doit être un ancien Ambassadeur à la retraite, et une autre personnalité extérieure et présidant les travaux du comité...Qui doivent être nommées par arrêté du ministre. Le comité d'éthique établit un rapport annuel.

Les personnalités extérieures ont été désignées par un arrêté de janvier 2008. Il s'agit de:

M. Pierre Achard.- 74 ans inspecteur général des finances
M. Michel Gentot- 76 ans conseiller d' Etat à la retraite, ancien président de la CNIL .
Mme Hélène Gisserot -69 ans Procureur général honoraire près la cour de cassation. Présidente.
M. Régis de Gouttes-68 ans  Premier avocat général à la cour de cassation .
M. Jean Guéguinou- 67 ans. Ambassadeur à la retraite.
M. Claude Moisy. journaliste, ancien PDG de l'Agence France-Presse. 
Toutes des personnes de qualité, dont plusieurs sont des juristes éminents, et d'autres sont connues pour leur courage personnel (les deux n'étant pas exclusives...). On attend donc avec curiosité leurs conclusions sur le cas Danon et on demande au ministre Kouchner de les rendre publiques.

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