Le nouvel européen

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la citation du jour

"les peuples, comme les hommes, se mesurent à leurs rêves" 

Jean Guéhenno (lu sur la plaque posée sur l'immeuble qu'il habita)

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dimanche 27 décembre 2009

L.C.D.J.

_Une oeuvre d'art est réussie quand le spectateur ne peut pas la supporter plus de trois minutes ». Claude Levêque''__

''NB : Il y a plusieurs versions de la citation : trois secondes ou trois minutes? J'ai opté pour la minute, qui m'apparaît plus vraisemblable. La formule-choc, ôté son côté "provoc" (après tout, chacun a le droit de pondre des phrases coup de poing, surtout s'il est comme notre homme, tellement fasciné par la culture pub'), est emblématique. Elle est le fait d'un "plasticien" tout à fait en cour et accepté, puisqu'il a été présenté officiellement par la France lors de la dernière Biennale de Venise. Les portraits disent souvent bien plus que mille mots et c'est pourquoi je résiste difficilement au plaisir de le présenter lui, et non ses oeuvres comme illustration de cette citation. (ne serait-ce que parce que, contrairement à ce qu'il prétend, on supporte très bien de voir les oeuvres de Lévêque plus de quelques minutes...Elles sont- comment dire?- "pas mal", originales, inventives, même si elles ne disent pas grand-chose, en tout cas infiniment moins que le discours qui leur sert de substrat, et c'est là que le bât blesse). Au fond, Lévêque appartient à ces artistes, que l'univers de la publicité a "vampirisés" : l'effet à produire compte plus que tout. J'aime bien clore l'année 2009, mauvaise année à tous égards, par une telle affirmation, qui résume tout ce que personnellement j'abhorre dans ce qu'on appelle l'Art contemporain, "l'A.C"., et qui me semble plutôt un arrière-plan, la dernière traînée de la "comète 20ème siècle", qui fut le siècle de toutes les transgressions, perversions, et monstruosités. Il n'y avait pas de raison que, comme par miracle, "l'art", ait échappé au désastre général...Ce qui ne signifie pas qu'à côté de ces horreurs, comme dans le reste de nos activités humaines, il n'y ait eu des merveilles...Mais, quoi qu'on dise et fasse, le détournement - principe axiomatique de l'A.C-., peut être un moyen, une technique, il ne saurait jamais être une valeur en soi...''

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samedi 16 mai 2009

L.C.D.J.

"L'avenir de l'art contemporain ne réside plus, cela au moins est certain, dans la répétition vide et morne du geste de la rupture avec la tradition en tant que telle, mais peut-être dans la recherche d'une expression des nouveaux visages du sacré à visage humain, de cette transcendance dans l'immanence qui seule désormais convient à un monde démocratique."
                                                                                       Luc Ferry 
                                                                            "le sens du beau"

NB : J'ai déjà cité cet ouvrage de Luc Ferry, très important pour qui veut comprendre, "en philosophe", les origines de l'art contemporain. Il est à compléter sans doute par d'autres analyses, plus actuelles, s'intéressant aux derniers avatars de l'"art contemporain". Tout le problème avec l'art contemporain, c'est qu'il se réfère, en empruntant le vieux terme d'art, à un univers de valeurs et de référentiels qui lui est absolument étranger, ou même plutot antinomyque. Si ceux qui s'en réclament, le vendent ou le pratiquent, employaient un autre vocable pour qualifier leur activité, les choses seraient plus claires. Les rancoeurs ou frustrations de la part de ceux qui (comme moi) tendent à voir dans ce rapprochement linguistique, au fond incongru, une sorte de rapt, n'auraient plus lieu d'être. C'est d'une nouvelle dénomination que "l'art contemporain" a surtout besoin. A côté, il y aurait ceux qui continueraient à se réclamer des valeurs et exigences d'antan (adaptées cela va de soi aux formes et besoins d'ajoujourd'hui), et qui pourraient, sans rougir, se prévaloir du beau titre "d'artistes".    
Une question subsidiaire : le monde est-il désormais et de manière irréversible, voué à la "démocratie", ou du moins à ce que l'on appelle dans les sociétés libérales évoluées "démocratie"? Le "gêne" de la démocratie est-il désormais pour l'espèce humaine, au sens darwinien un "mutant", un acquis?    

dimanche 12 avril 2009

LCDJ

-"Tu aimes ton cheval?
-Beaucoup.
-Il est vieux?
-Assez.
-Et tu le gardes?
-Oui.
...
-Qu'est-ce que tu dis de cette nuit?
- Je n'ai jamais vu la même.
- Moi non plus, dit l'homme. Orion ressemble à une fleur de carotte.
- Pardon? demanda Jourdan.
- Orion est deux fois plus grand que d'habitude. ..
Tu ne vois pas Orion?
- Non, mais j'ai bien vu la fleur de carotte. 
- C'est le coeur pur, dit l'homme, et la bonne volonté.
-Tu n'as jamais soigné les lépreux?demanda Jourdan.
-Jamais dit l'homme.
Mais il eut l'air de trouver ça tout naturel.
Puis il se mit à siffler. Vraiment, il y a des proverbes qui ont été faits par les hommes de la terre, les hommes qui ont vu cent forêts, cent lacs, cent montagnes et cent fois le ciel renversé. Il faut quand même croire qu'ils y connaissaient quelque chose. Un de ces proverbes dit que d'une chose mauvaise une belle ne peut pas sortir." 
                                                                                   Jean Giono
                                                                        Que ma joie demeure
NB : En ce jour de Pâques, c'est le bon moment pour écouter les messages d'espérance, d'où qu'ils viennent. Celui de "Bobi", le héros de Giono, en vaut d'autres. Un coeur pur...Un homme qui vient, et qui fait renaître la joie, là où il passe... Une certaine chaleur dans le coeur, celle qui brûle les pèlerins d'Emmaus, après LA rencontre. La mort ne saurait triompher.    

mardi 7 avril 2009

L.C.D.J.

"Je dénie à quiconque le droit de dire : j'ai la foi. C'est la foi qui nous possède. Nous n'avons pas encore commencé d'entrer dans la compréhension de l'Evangile et de l'Eglise".
                                                                                                   Jean Sullivan

NB : Un Monsieur bien oublié, Sullivan...Mais qui a écrit, dans la période d'effervescence post conciliaire, de beaux livres de réflexion spirituelle. Le caractère profondément moderne - ou plus que cela futuriste- de l'Evangile, ou en tout cas de nombreux passages de l'Evangile, (corrigeons.. des Evangiles), m'a toujours frappé.  Tout le contraire de textes sacrés. Choquant, paradoxal, inusable, éternel ? .   

 

                                                                     

samedi 28 mars 2009

LCDJ

"Atlantiste quand il fallait être gaulliste, attentiste lorsqu'il convenait d'être réactif, nostalgique lorsqu'il s'agit d'être pragmatique : la gauche ne s'est jamais distinguée par son audace stratégique".
                                              François Fillon

NB : juste une petite incursion dans le débat politique hexagonal...Pour saluer le talent oratoire de François Fillon, peu connu, qui s'est révélé notamment lors du (pseudo) débat sur la politique étrangère (en fait notre retour dans les structures intégrées de l'OTAN). Je ne juge pas le fond, car je suis persuadé qu'au fond de lui-même, Fillon, n'était pas convaincu par l'argumentaire qu'il développait à la tribune. Il sait dans son for que nous avons tort d'abattre ainsi, dans un jeu de poker dont le maître de cérémonie vient de changer, l'une des quelques cartes qui nous restaient. Fillon n'est pas qu'un pur pragmatique. Et il a raison de le souligner : la gauche, qui s'est trouvée aux affaires chez nous, à un moment charnière, celui de la fin des blocs, n'a pas eu l'audace nécessaire pour inventer une pensée stratégique à la hauteur du défi pour l'Europe. Mitterrand a su imposer à l'Allemagne un pas supplémentaire -et décisif- dans la construction européenne, l'abandon du mark au profit d'une monnaie "from nowhere" . Il n'a pas pu -ou voulu- aller au bout de son idée pourtant esquissée mais vite rangée dans les tiroirs aux premiers froncements de sourcil des Anglo-Saxons et des partenaires Européens, d'un nouveau traité de sécurité pour l'Europe, avec la fin des alliances militaires, pourtant édifiées pour et par la période de guere froide et de mise sous tutelle- acceptée ou subie- de l'Europe. 

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