Le nouvel européen

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 28 mars 2009

Europe de la Défense, OTAN...l'essentiel est ailleurs

L'essentiel, c'est que nous avons décidé : tout en nous inscrivant dans un tissu d'alliances, ( dans le domaine de la défense et de la sécurité, on s'allie avec d'autres puissances pour se défendre ou pour attaquer, c'est une situation assez simple et binaire), d'assurer notre sécurité par nous-mêmes. Celui qui, en pleine guerre froide, dans un contexte qui ne s'y prêtait pourtant absolument pas, en a pris la responsabilité devant l'histoire est le général de Gaulle. 

Cette décision a un prix et un coût

Ce prix et ce coût seraient d'autant plus élevés que nous élargirions le périmètre de ce "nous". Et notre ambition, proclamée depuis plus de deux générations, de construire une "Europe politique" doit aussi entraîner cette conséquence là. A terme (et à quelles conditions?).

Prétendre que nous répondons à cette obligation (pas ardente, obligation sans adjectif) par le maintien de notre outil nucléaire seul n'a pas de sens. Nous continuons, avec la dissuasion nucléaire dans sa configuration actuelle, à "préparer la guerre d'avant" (la doctrine de la dissuasion était un concept de la guerre froide).

L'affaire du deuxième porte-avion est un triste exemple du  délabrement conceptuel actuel.    

Que diriez-vous d'un vendeur qui installerait (à grands frais) un système de sécurité pour votre pavillon et qui, une fois le chèque payé, vous dirait avec un petit sourire..."ah oui j'oubliais..le système ne fonctionne que dix mois sur 12, mais ce n'est pas grave, c'est durant l'été, il y a beaucoup moins de monde partout, les gens sont en vacances..."

Nous qui nous vantons à longueur de discours électoraux d'avoir le deuxième espace maritime du monde en superficie, sommes incapables de le défendre sérieusement. Le principal outil de notre capacité de projection sur mer, est un porte-avions , le Charles-de-Gaulle, magnifique outil, qui n'a qu'un défaut : il est indisponible pour révision huit mois tous les deux ans...pendant les périodes de radoub, la situation internationale a intérêt à bien se comporter...Quand rectifierons-nous cette erreur, ce péché contre l'esprit?

Un temps, les esprits malins se sont égarés sur la piste d'un porte-avions "co-produit" sinon co-construit avec les Anglais...Un bon quinquennat a ainsi été perdu. On ne peut être co-locataire d'un porte-avions...  

Toute décision prise maintenant (le contexte ne s'y prête absolument pas, mais...voir plus haut) aurait sa concrétisation aux alentours de 2018/20 au mieux...   

mercredi 6 août 2008

BCE: un cas d'arrogance linguistique

La B.C.E. présente un site web indigent et réservant un traitement particulièrement discriminatoire vis à vis des langues des pays de la zone €uro.
Cette institution de l'Union européenne doit se doter d'une politique d'information et de communication plus ouverte et tournée vers le citoyen et avant tout celle des citoyens des pays de la zone €uro
M. Trichet, l'actuel président de la BCE, est un ancien haut fonctionnaire français, ancien directeur de la Banque de France. Il devrait se souvenir de ses origines, et se battre là où il est, pour le respect du principe de la diversité linguistique.
Au delà, la France doit se mobiliser, à Bruxelles et ailleurs, pour obtenir des Institutions de l'UE et des Agences qui sont toutes passées au monolinguisme anglais, le respect minimum de la diversité linguistique, c'est-à-dire que tous les documents produits par ces institutions ou agences soient traduits dans les langues officielles des pays de l'Union, et que leurs langues de travail soient celles du Conseil et/ou de la Commission (allemand/ anglais/français). On ne peut plus laisser perdurer la situation d'iniquité qui s'instaure dans le silence complice de tous, et en l'absence de textes pour les Agences.

Lire la suite...

mercredi 7 mai 2008

Pouce en bas!!!!

Extrait du discours du Président de la République slovène, M. Danilo Turk,  devant le Parlement européen, le 23/04:

"Encore à l'époque actuelle, l'Union européenne est confrontée à de nouveaux défis qui exigent une adaptation de nature pragmatique. Parmi eux, le futur élargissement est le plus important. À cet égard, il est clair que tous ceux qui aspirent à l'adhésion doivent remplir les critères exigés. Il est cependant inadmissible que l'on empêche leur entrée dans l'UE seulement du fait de difficultés politiques ou de préjugés culturels.
En s'efforçant d'assumer la position d'une puissance stratégique mondiale, l'Union européenne a, en effet, besoin de la Turquie. Il faut donc poursuivre les négociations d'adhésion. L'Union européenne ne doit pas lui refuser aujourd'hui la perspective d'adhésion puisque celle-ci a déjà été approuvée auparavant. Cela mettrait en question la crédibilité de l'Union européenne...
En ce qui concerne la politique en direction de ses voisins de l'Est et des autres régions, l'Union européenne doit recourir au même pragmatisme que celui sur lequel elle s'appuyait par le passé.  L'Ukraine et la Moldavie ont besoin, elles aussi, d'une perspective d'adhésion à l'Union européenne: il serait donc inadmissible de la leur refuser.
En outre, le pragmatisme est une caractéristique qui s'observe tant dans la pratique que dans l'état d'esprit. Il est évident que les pays candidats sont obligés, dans tous les domaines soumis à des exigences par le processus d'adhésion, de remplir l'ensemble des critères qui leur sont imposés. Il existe de bonnes raisons, pour l'Union européenne, de faire respecter scrupuleusement et strictement ces critères. Si beaucoup de temps est nécessaire à les remplir, il faudra le mettre. Une ou deux années de négociations (Ndr: sic....décennies plutôt!!) seraient un moindre coût pour préserver la crédibilité et les normes de l'Union européenne.
Enfin les pays qui ne sont pas en mesure de remplir ces critères ne doivent pas être, pour autant, exclus du processus d'élargissement. Le sentiment d'être exclu fait naître le mécontentement; le mécontentement fait naître l'instabilité. Il faut donc préserver un état d'esprit pragmatique et réfléchir au futur élargissement de manière à ce qu'il réponde aux besoins de l'Union européenne en tant qu'acteur mondial"
.
On est confondu, with due respect pour la fonction de Président d'un Etat et de l'Union Européenne, par l'ingénuité des propos de M. Turk...Qui engagent toute l'Union. On est aussi saisi, accessoirement, par le silence de ce Président slovène, très prolixe sur la Turquie, sur un pays voisin de la Slovénie, la Croatie, elle aussi candidate (et qui a déjà rempli la plupart des critères d'admission...Mais mentionner la Croatie, ce n'est pas politiquement et bruxellement correct...)! On note les engagements pris en ce qui concerne l'Ukraine et la Moldavie...

En somme, il suffit de demander à adhérer à l'UE, pour y avoir droit. Nous voila sommés d'accepter l'Ukraine, et la Moldavie...Toutes les précautions prises ces dernières annés notamment par les Français pour inscrire parmi les critères de l'admission la "capacité d'absorption" (sans parler de l'acceptation des peuples de l'UE) de l'UE, n'auront servi à rien : la pensée dominante -pour ne pas dire unique- reste celle d'un processus d'élargissement indéfini. 
 
Je trouve inquiétant pour notre influence sur le processus de la construction européenne que nous ne soyons pas parvenus, en plus de trois ans, à inscrire dans la vulgate européenne, au moins cette précaution élémentaire. Que le moindre Président d'un pays membre de l'UE d'aussi fraîche date que la Slovénie ne prenne même pas soin, fût-ce par une allusion discrète, de refléter dans ses propos l'opinion d'une partie des Etats membres, et en particulier d'un membre "qui n'est pas le moins important", fondateur, et qui plus est qui lui succèdera dans deux mois à la Présidence de l'Union...

J'ai eu la même désagréable impression lorsque le Premier ministre suédois est venu présenter devant le Parlement européen les objectifs de la Présidence suédoise pour..2010. Avec une absence de nuances toute "suédoise", il a aussi égratigné ceux qui refusent l'élargissement à la Turquie. 
Il faudrait que nos partenaires sachent clairement que ces élargissements ne se feront  pas sans nous, qu'ils l'aiment ou pas. Et que chacun en tienne compte "dans ses actes et ses propos".   

 

mercredi 26 mars 2008

pouce en bas....

Pour Gordon, le "fiddler of the roof"...Un beau (?) numéro d'équilibrisme diplomatique donné par Gordon Brown, le "Premier" britannique dans l'interview qu'il a donnée au Monde (daté du 27/03), à l'occasion de la visite d'Etat du Président de la République en Grande-Bretagne.
 Nous voila propulsés, nous les Européens, au rang de "puissance mondiale dans la globalisation". Les Organisations internationales seront réformées : ONU, FMI, Banque mondiale, pour les adapter aux nouveaux besoins, la société européenne devenue modèle d'une société globale...Cet homme qu'on dit plutôt réservé, se lâche dans les visions grandioses..et totalement floues...Que le Royaume-Uni refuse les programmes les plus importants et significatifs de l'Union en termes d'intégration comme la monnaie unique, l'espace de justice, de liberté et de sécurité, Schengen, ne lui pose vraiment aucun problème, et apparemment n'en pose d'ailleurs aucun à aucun partenaire car jamais on ne pose franchement à la Grande-Bretagne qui revendique son euro-scepticisme, la moindre question de confiance. "Gordon" a bien appris de "Tony" l'art des deux langages européens : pour les "continentaux", le style amphigourique du visionnaire, pour les Britanniques, le style militant des  "victoires" arrachées à Bruxelles..  
Qui sera dupe?