Puisque nous sommes dans la période des vacances, que je ne ferai aucun
commentaire sur les Jeux Olympiques, je me propose de vous faire partager
durant les "chaudes journées d'août", outre les digressions sur
l'art, quelques réflexions, un peu plus intemporelles ou moins
déterminées par l'actualité, concernant l'Europe telle qu'on la voudrait, telle
qu'elle pourrait être, et non telle qu'elle est.
Je partirai dans un premier temps d'un ouvrage clé. Il s'appelle
"l'Europe en quête de légitimité" de Jean-Louis Quermone,
universitaire, ancien professeur émérite en sciences politiques. Il n'est pas
nouveau, puisqu'il date de 2001, mais ce n'est pas un grave handicap, car il
nous évite les développements conjoncturels sur la Consitution, et (pourrait-on
presque ajouter) le traité de Lisbonne , et prend l'état de l'Union à peu près
au niveau où elle se trouve actuellement, avec la très notable exception de
l'élargissement. elargissement qui n'a fait qu'aggraver les symptômes des maux
diagnostiqués par le Professeur Quermone.
Nous sommes à moins d'un an maintenant des prochaines élections au
Parlement européen. Les chances de voir adoptées les nouvelles règles
de fonctionnement de l'UE prévues par le Traité de Lisbonne, pour le 1er
janvier 2009, avec l'entrée en vigueur de ce traité à cette date, se réduisent
comme peau de chagrin. On voit mal l'électeur irlandais revoter avant la fin de
l'année. Ensuite, tout s'enchaînera. On voit très mal aussi la présidence
tchèque qui entrera très probablement en fonctions début 2009 sans
avoir elle-même ratifié le traité de Lisbonne, réussir à convaincre les
Irlandais de revoter sans nouvelle négociation d'ensemble. Le
temps joue terriblement contre la survie du Traité de Lisbonne..sauf miracle de
notre Président, miracle qui devrait survenir avant décembre. Dans les
premiers mois de 2009, les pragmatiques vont plutôt chercher à sauver des
arrangements pratiques figurant dans le Traité de Lisbonne, ce qui peut l'être
par des formules partielles n'impliquant pas de modification juridique trop
voyante nécessitant un passage par les formalités de ratification
constitutionnelle des Etats, ou en tout cas pas en bloc, mais plutôt par
petites touches. d'autant que des problèmes pressants vont monopoliser
l'attention des responsables européens: négociation du prochain paquet
budgétaire, négociation du paquet énergétique, dont le paquet de négociation de
l'après Kyoto. Autant d'échéances incontournables, que la présidence suédoise
qui sera à la tâche durant la deuxième partie de 2009 n'entend pas
manquer.
Donc nous avons toutes les chances que les élections européennes se
déroulent dans un paysage institutionnel européen à peu près inchangé.
Qu'elles-mêmes continuent à suivre les mêmes règles que les précédentes
élections, c'est-à-dire d'élections se déroulant selon des formes
variables selon les Etats, en des jours différents, bref sans aucune
dynamique communautaire. Avec les mêmes partis que les partis
nationaux, avec des programmes ficelés à la hâte...et une forte mobilisation
des "anti". Et pour résultat probable, un taux d'abstentions record.
Ce scénario catastrophe n'est pas garanti, s'il est le plus probable.
L'opinion poura jouer un rôle pour forcer les gouvernements à
avancer de manière plus résolue. L'événement, par
définition imprévu, peut aussi exiger une présence, une action, de
l'Europe, et pousser à la mobilisation.
Il ne faut donc pas
désespérer...