Le nouvel européen

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mardi 5 août 2008

exercice de vacances!!!!

Puisque nous sommes dans la période des vacances, que je ne ferai aucun commentaire sur les Jeux Olympiques, je me propose de vous faire partager durant les "chaudes journées d'août", outre les digressions sur l'art,  quelques  réflexions, un peu plus intemporelles ou moins déterminées par l'actualité, concernant l'Europe telle qu'on la voudrait, telle qu'elle pourrait être, et non telle qu'elle est. 
Je partirai dans un premier temps d'un ouvrage clé. Il s'appelle "l'Europe en quête de légitimité" de Jean-Louis Quermone, universitaire, ancien professeur émérite en sciences politiques. Il n'est pas nouveau, puisqu'il date de 2001, mais ce n'est pas un grave handicap, car il nous évite les développements conjoncturels sur la Consitution, et (pourrait-on presque ajouter) le traité de Lisbonne , et prend l'état de l'Union à peu près au niveau où elle se trouve actuellement, avec la très notable exception de l'élargissement. elargissement qui n'a fait qu'aggraver les symptômes des maux diagnostiqués par le Professeur Quermone. 

Nous sommes à moins d'un an maintenant des prochaines élections au Parlement européen. Les chances de voir adoptées les nouvelles règles de fonctionnement de l'UE prévues par le Traité de Lisbonne, pour le 1er janvier 2009, avec l'entrée en vigueur de ce traité à cette date, se réduisent comme peau de chagrin. On voit mal l'électeur irlandais revoter avant la fin de l'année. Ensuite, tout s'enchaînera. On voit très mal aussi la présidence tchèque  qui entrera très probablement en fonctions début 2009 sans avoir elle-même ratifié le traité de Lisbonne, réussir à convaincre les Irlandais de revoter sans nouvelle négociation d'ensemble. Le temps joue terriblement contre la survie du Traité de Lisbonne..sauf miracle de notre Président, miracle qui devrait survenir avant décembre. Dans les premiers mois de 2009, les pragmatiques vont plutôt chercher à sauver des arrangements pratiques figurant dans le Traité de Lisbonne, ce qui peut l'être par des formules partielles n'impliquant pas de modification juridique trop voyante nécessitant un passage par les formalités de ratification constitutionnelle des Etats, ou en tout cas pas en bloc, mais plutôt par petites touches. d'autant que des problèmes pressants vont monopoliser l'attention des responsables européens: négociation du prochain paquet budgétaire, négociation du paquet énergétique, dont le paquet de négociation de l'après Kyoto. Autant d'échéances incontournables, que la présidence suédoise qui sera à la tâche durant la deuxième partie de 2009 n'entend pas manquer.
Donc nous avons toutes les chances que les élections européennes se déroulent dans un paysage institutionnel européen à peu près inchangé. Qu'elles-mêmes continuent à suivre les mêmes règles que les précédentes élections, c'est-à-dire  d'élections se déroulant selon des formes variables selon les Etats, en des jours différents, bref sans aucune dynamique communautaire. Avec les mêmes partis que les partis nationaux, avec des programmes ficelés à la hâte...et une forte mobilisation des "anti". Et pour résultat probable, un taux d'abstentions record.
Ce scénario catastrophe n'est pas garanti, s'il est le plus probable. L'opinion poura jouer un rôle pour forcer les gouvernements à avancer de manière plus résolue. L'événement, par définition imprévu, peut aussi exiger une présence, une action, de l'Europe, et pousser à la mobilisation.
Il ne faut donc pas désespérer...          

samedi 12 juillet 2008

Vaklav Klaus : faites-le taire!

Le Président de la République tchèque, Vaklav Klaus, au demeurant homme estimable et économiste reconnu (dans son pays- et aussi aux Etats-Unis où il a passé de nombreuses années de sa vie), n'a pas sa langue dans sa poche. C'est bien.
Mais parfois, et même si sa devise est "nous croyons en la démocratie, en la liberté, toujours plus en la liberté", on se demande s'il n'a pas gardé de son métier d'universitaire, une habitude de liberté de pensée qui certes lui fait honneur, mais qui peut se révèler gênante dans ses responsabilités officielles.

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samedi 14 juin 2008

Frappée à mort (suite)

...ce que j'ai lu ou vu de plus censé jusqu'à présent en guise d'épitaphe irlandaise, c'est ce qu'a dit François Bayrou, et auquel je renvoie:

http://www.dailymotion.com/video/x5rnbf_francois-bayrou-reaction-vote-irlan_news

Non que je reprenne entièrement à mon compte ce que dit Bayrou...Il n'y a pas que "les valeurs" derrière les réponses du (des) peuple(s)...il y a aussi une question de cohérence politique, non satisfaite par les arrangements alambiqués des diplomates.
Mais quelle tristesse...au fond, oui ce qui domine, c'est la tristesse.
Car "ils" ne comprendront pas ces appels populaires . "Ils" s'obstineront, car trop est en jeu.
Et nous irons d'erreurs en erreurs, de crise en crise, en nous cramponnant déséspérément à des semblants d'unanimité sur des sujets comme le réchauffement climatique, l'énergie (sujets dont il n'est pas question de contester l'importance, mais qui ne peuvent être l'alpha et l'oméga d'une politique publique).
Et le vaisseau qui craque déjà de partout, va tanguer de plus en plus, au gré des courants et des récifs.
Qu'on se le dise un peu partout, ce navire amiral, sans chef et sans boussole, est à prendre!

FRAPPEE A MORT ?

On peut se rassurer comme on veut, faire de l'incantatoire et du "wishful thinking", dire, comme il se doit, que le "processus de ratification doit continuer", faire les gros yeux aux Irlandais, mais la réalité est bien là : chaque fois que les peuples ont à se prononcer désormais, la réponse est sans appel, c'est un non clair et net.
C'est une vraie catastrophe. Une crise majeure.
Et il y a fort à parier, hélas, que cette fois encore, on se bouchera les yeux, en accusant l'ambiguïté fondamentale des référendums, la balourdise du PM irlandais, le beau ou le mauvais temps, ou l'ingratitude des Irlandais (là ce ne serait pas tout à fait déplacé...), et on refusera de voir la réalité en face.
On trouvera un replâtrage. 
Les gens - les peuples- n'aiment pas être pris pour des idiots.
Quand on leur vend un produit, même politique, ils aiment bien savoir ce qu'il en est vraiment. Ils lisent, ils s'informent. S'ils ne comprennent pas, ils flairent l'"arnaque".
Ils disent non ou s'abstiennent.
Il s'est passé en Irlande ce qui s'est passé en France et aux Pays-Bas, et entre-temps on était même passé au rayon "deuxième choix" (le Traité de Lisbonne n'est-il pas un deuxième choix par rapport au projet constitutionnel ?).
La réalité, c'est qu'il faut dire clairement ce que l'on veut faire ensemble.
L'Irlande est un pays neutre, qui n'a qu'une armée dont le but premier est de forunir des troupes pour les opérations de paix de l'ONU, qui déteste le nucléaire. Elle est profondément catholique, n'aime pas qu'on la pousse sur des questions comme l'avortement (qui fut l'un des thèmes de la campagne référendaire de 2000). Ce serait bien sûr beaucoup plus sexy et à la mode si elle était musulmane. Mais ce n'est pas le cas. Il faut en prendre son parti. Elle a subi pendant quatre siècles l'oppression britannique sans disparaître, ce n'est pas la volonté de tel ou tel dirigeant Européen qui va la faire changer. Elle ne transigera pas sur ces options fondamentales.
Il faut l'accepter.
Et accepter que ceux qui ne veulent pas prendre la même direction que vous ne prennent pas le même train. Au risque d'être moins nombreux.
Mais ces choix là doivent être clairs. Quand on entre dans un club, on s'engage. Et quand on n'est plus d'accord avec les règles du club, on s'en va. Mais les règles doivent être connues, ne pas changer en cours de route. Et en retour, celui qui abandonne la partie doit savoir à quoi il s'expose.   
Cette fois, l'Union Européenne façon Maastricht élargie à l'infini au gré non, comme on se complait à le dire, des réalités géostratégiques ou d'une solidarité continentale, mais des clientèles ( après la Turquie, que veulent les Etats-Unis et le Royaume Uni, il y a l'Ukraine que veut la Pologne), cette Europe là est bien morte.
Le mieux serait d'en tirer les conséquences, et d'arrêter les frais. 
Union économique, d'accord.
Pour le reste, il faut voir et savoir - et dès le départ- qui veut quoi et avec qui. Est vraiment condamnée cette fois la méthode Monnet dévoyée dite de l'engrenage, reposant sur la création d'une série de "solidarités de fait" censées enserrer les gouvernements et les peuples de telle sorte qu'ils n'aient plus le choix de revenir en arrière, vers les divisions d'antan.
L'ennui, c'est que dans une démocratie, un jour ou l'autre le peuple tranche.
Et que notre projet européen ne peut être que démocratique, sous peine de forfaiture. 
On peut redouter les prochaines élections européennes, qui vont encore battre des records d'abstention. 
Une autre voie existe, celle de la négation, du négationnisme : les peuples en fait ne distinguent pas clairement ce qui est bien pour eux ( c'est bien cela l'argument contre le principe du réferendum, où les raisons d'un oui ou d'un non sont trop complexes pour être décryptées dans un choix politique? ). Et je suis prêt à parier que l'une des conséquences du référendum irlandais, c'est qu'il n'y en aura plus sur des sujets européens, et que, sous une forme ou sous une autre, le Conseil européen s'arrangera pour en proscrire l'usage.
Entendons-nous bien. Cette crise là doit nous amener à choisir non moins d'Europe, mais davantage et mieux. Cette crise de plus pourrait être salutaire. Mais à un prix qu'aucun dirigeant européen actuel n'est, à mon avis, prêt à payer (sauf, peut-être, la chancelière?). 
En attendant, "il faut tenter de vivre"...Pas facile pour la Présidence française!   
Comment rassembler une majorité sur le renforcement de la politique de défense par exemple, une des priorités affichées par nous (bien imprudemment à mon avis) pour notre Présidence?  
Car, au nom de qui et de quoi parler désormais? Le déni des peuples, n'est-ce pas la pire sanction en démocratie?
Et ce serait naïf de penser que ce cancer peut être circonscrit.
Le discrédit va frapper l'ensemble des politiques, l'indiscipline va elle aussi se développer parmi les Vingt-Sept.
Un premier signe sera de voir combien parmi les Etats qui n'ont pas encore ratifié le texte, vont le faire.

dimanche 8 juin 2008

le "principe de subsidiarité"

On parle beaucoup et souvent du principe de subsidiarité, entré dans la "conceptologie" européenne et bruxelloise avec le Traité de Maastricht, et qui est promue, dans le Traité de Lisbonne, au rang des principes essentiels de l'UE, au même titre que le principe d'attribution, en l'article 5 du TUE (le TUE, rappelons le, est le premier des deux traités du traité de Lisbonne, celui qui modifie notamment, le traité de Maastricht, et définit les grands principes, l'équilibre institutionnel global, l'autre traité, le TFUE, régissant le fonctionnement, la mise en oeuvre).
On a toujours un peu de mal à expliquer ce que cela veut dire exactement, et quand on a dit c'est un concept hérité de l'Eglise catholique qui signifie que "ce qui doit être fait doit l'être au niveau le plus approprié", on croit avoir fait le tour de la question.
Eh bien, le site du diocèse de Lyon a fait une page très claire là-dessus, et je ne résiste pas au plaisir de vous la faire partager: 
  http://catholique-lyon.cef.fr/article.php3?id_article=3111
On notera que la subsidiarité peut être aussi bien "descendante" (c'est surtout en ce sens qu'elle est employée en euro-bruxellois), c'est-à-dire pour s'opposer à une mesure prise par Bruxelles alors qu'elle aurait dû l'être au niveau national, qu'"ascendante", c'est-à-dire pour s'opposer à une mesure prise par un niveau national, alors qu'elle aurait dû l'être, au nom de l'efficacité, au niveau supérieur...et là on est très discrets à Bruxelles et chez les Vingt-Sept , car le niveau "supérieur" pourrait alors revendiquer 99% de la politique étrangère...
L'avantage de ce concept est sa souplesse, sa ductilité, et son caractère très fonctionnel. Pour l'inconvénient, on reprend les mêmes adjectifs...

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