Selon des rumeurs persistantes, le Kosovo s'apprêterait à proclamer son indépendance dimanche prochain, le 17 février. Dans la foulée, son Premier ministre, M. Hashim Thaci devrait demander l'aide de la communauté internationale, et plus précisément le maintien de la présence militaire de l'OTAN et l'envoi d'une mission de soutien administrative  de "capacity building" de l'Union Européenne.
Que fera l'Union Européenne? On le sait déjà : la mission, dont les éléments avancés sont déjà sur place (voir mon papier précédent sur le sujet -billet du  7/02- ), va se déployer et, sans doute, remplacer progressivement la mission des Nations Unies, l'UNMIK. 
Car, pour les Nations Unies, la légalité, c'est celle posée par le Conseil de Sécurité dans sa Résolution 1244 : pas d'acte unilatéral pour modifier la situation juridique d'une autonomie substantielle dans le cadre de l'intégrité territoriale de la Serbie.
Tant que cette Résolution n'a pas été modifiée, elle reste en vigueur.
Donc la Mission des Nations Unies ne peut rester sur place en ayant pour interlocuteur des autorités "illégales".
Se posera simultanément la question épineuse de la reconnaissance des autorités du Kossovo.
Les Etats-Unis feront ce qu'ils ont toujours dit qu'ils feraient: ils reconnaîtront le nouvel Etat, très probablement dans les heures suivant la déclaration. Sans attendre une "position commune" avec les Européens, à qui il sera cependant demandé de jouer un rôle central, dans la phase suivante, qui peut se révéler extrêmement périlleuse. 
Et nous les Européens, serons renvoyés à nos propres contradictions.  
L'Union Européenne, construction fondée sur le droit,  ne peut agir contrairement à la légalité internationale. Ce serait de sa part un irrémédiable déni de ses valeurs.
Il faut donc tenter encore une dernière négociation entre les autorités serbes et kosovares. La communauté internationale et donc l'Union Européenne, qui tient à bout de bras financièrement, administrativement, militairement le Kosovo, a les moyens d'imposer une voie négociée vers le nouveau statut du Kosovo.  
Il faut éviter à tout prix une vague de reconnaissances sauvages et en ordre dispersé de la part de certains pays de l'Union Européenne, comme cela s'était produit en 1991 avec la Croatie.
Le logique fatale des événements ouvrant le champ à tous les extrêmismes, ne pourra être inversée que par une initiative forte et au plus haut niveau des responsables politiques de l'Union Européenne les plus impliqués sur le dossier. Parmi lesquels la France, qui a sur place le premier contingent de troupes de l'OTAN, ce qui confère tout de même quelques droits...