Sans attendre le cours des événements au Kosovo, qui peut très bien connaitre des développements incontrôlés, il faut rappeler les principes suivants (qui ont longtemps guidé notre action):
1/ On ne peut se passer d'un mandat des Nations Unies pour faire évoluer le statut international du Kosovo. Une indépendance unilatérale n'est pas valide;
2/ Le mandat donné par les pays membres de l'Union Européenne pour mettre en place une "mission de soutien et de supervision" ne suffit pas à conférer la légitimité indispensable à un engagement de l'Union. Sinon, l'U.E. se renie elle-même en agissant en dehors des règles du droit international;
3/ Le statut du Kosovo doit être négocié, y compris avec la Serbie;
4/ Un des éléments du dépassement des situations anciennes sur tous les plans est la perspective de l'adhésion à l'Union Européenne ouverte aux pays de la région, y compris du Kosovo;
5/ La condition préalable à une avancée dans cette direction est le respect des normes européennes dans les domaines de l'état de droit, des droits des minorités, d'une économie ouverte et transparente. Ces conditions ne sont pas encore réunies.
On notera que:
 1/ L'OTAN et l'U.E., en faisant le choix d'un soutien inconditionnel à l'indépendance auto-proclamée des Kosovars, ont pris de très gros risques, et devraient se souvenir de leur mauvaise prestation lors de la "répétiton générale" de mars 2004, qui a vu les milices kosovares lancer impunément une opération "d'épuration ethnique" contre les poches de populations serbes. Un de ces risques est la sécession de la partie du Kosovo à population serbe, comme Mitrovica, qui pourrait être fortement tentée de rejoindre la Serbie voisine. Un autre est le démembrement de la Bosnie, dont l'entité serbe pourra être tentée elle aussi de rejoindre la Serbie limitrophe. sans parler des autres situations en Europe...Affirmer, comme l'a fait le Conseil européen du 14 décembre 2007, que le cas du Kosovo ne pouvait faire précédent est un peu facile...    
2/ L'Union Européenne n'a pas été en mesure de maintenir, face à la pression de certains Etats membres, mais surtout des Etats-Unis, les exigences élevées posées au départ comme une condition à l'acceptation de l'indépendance du Kosovo, en matière de respect des minorités. Cela augure mal de la suite, et il faut souhaiter que les négociateurs européens sauront conserver leurs exigences minimales avant tout pas en avant conduisant à terme à l'entrée du Kosovo dans l'Union Européenne. Car, au vu des difficultés prévisibles au Kosovo, économiques notamment, les pressions seront au moins aussi fortes pour hâter ce processus;
3/ il reste une période de transition de 4 mois dans laquelle les Nations Unies sont encore sur place. Il est bien tard, mais il n'est pas trop tard. Il faut saisir ce délai pour imposer aux autorités kosovares de revenir à la table de négociation avec les autorités serbes. L'Union Européenne a désormais la responsabilité première de la suite des événements au Kosovo. A elle d'agir avec autorité et impartialité!