La France a dénoncé dans un communiqué du 1er mars:
"La dégradation de la situation à Gaza est aujourd’hui extrêmement préoccupante. La France condamne les tirs de roquette sur les villes d’Israël, ainsi que l’opération militaire israélienne, qui se traduit par de nombreuses victimes parmi les populations civiles palestiniennes. La France s’inquiète de cette escalade de la violence qui menace la stabilité de la région et risque de porter atteinte à la poursuite du processus de paix".
Le Foreign Office (britannique) également, et en termes bien plus forts (qualifie d'actes terroristes les bombardements israéliens):
FOREIGN SECRETARY STATEMENT ON SITUATION IN GAZA AND SOUTHERN ISRAEL (02/03/08)
The significant rise this week in the number of rocket attacks into Israel, and the Israeli response, have resulted in numerous civilian casualties. These represent a rising toll of human misery in a region where too much blood has already been spilt, and where a fragile political process - itself the only hope for peace - needs to be supported by change on the ground, not undermined by it.
I condemn the rocket attacks against Israel. These are terrorist acts. They should be seen for what they are - an attempt to break the political process by breaking the will of those committed to peace. That cannot be allowed to happen. All sides in the conflict, and the international community, need to judge their actions by the need to keep the political process alive.
I support the UN Secretary General's call for all parties to step back from the brink of even deeper and more deadly clashes.
Israel's right to security and self-defence is clear and must be reiterated and supported. But measures taken in response to rockets must be in accordance with international law, minimising the suffering for innocent civilians, and maximising the scope for political negotiations to be restarted.
The leadership of the Palestinian Authority need support in their search for peace. I support their work to re-establish control of the Gaza crossings. But I am deeply concerned by the news they have decided to call a halt to negotiations with the Israeli government. These discussions, and swift progress in them, represent the only way of disarming the arguments of the extremists and bringing peace to the region."
Accessoirement, il faut s'habituer à ce que désormais, la France soit en retrait par rapport aux Anglais dans la dénonciation des violations répétées d'Israel de ses engagements  internationaux...

France,Royaume-Uni, les deux membres du Conseil de Sécurité, qui s'est déjà réuni en session d'urgence par deux fois, sans rien conclure. Le Président du Conseil de Sécurité a condamné, dans une déclaration liminaire au ton d'une grande fermeté, l'agression israélienne.
Rien du côté de Berlin, traditionnellement gardé dans le dossier palestinien. Rien non plus à Madrid, pourtant tout aussi traditionnellement engagé sur le dossier...
Le (très) Haut représentant pour la P.E.S.C.(politique extérieure de sécurité et de coopération), Javier Solana devait en principe faire un voyage (prévu avant l'offensive "hiver chaud"* de l'armée israélienne) dans la zone, du 2 au 4 mars...A-t-il ajourné son déplacement? Va-t-il exprimer le mécontentement européen à ses interlocuteurs de Tel-Aviv et le soutien à la direction palestinienne? On ne sait pas...
Comme il fallait tout de même sortir de l'impasse, c'est la présidence slovène qui a choisi de s'exprimer...au nom d'elle-même...dans une déclaration au ton fort "mesuré" (toujours cette manière de mettre sur le même plan les exactions du Hamas, qui n'est, après tout qu' un groupement figurant sur la liste des groupes terroristes, et l'action d'un Etat comme Israel):

Déclaration de la présidence de l’UE à l’égard de la nouvelle escalade de violence dans la bande de Gaza et dans le sud d’Israël

La présidence de l’Union européenne suit avec grande inquiétude la nouvelle escalade de violence dans le sud d’Israël et dans la bande de Gaza. La confrontation a tragiquement provoqué de nombreuses victimes, notamment parmi la population civile et des enfants innocents. La présidence adresse aux familles des victimes l’expression de sa sincère sympathie.

La présidence condamne la récente utilisation disproportionnée de la force par les Forces de défense israéliennes (IDF) contre la population palestinienne dans la bande de Gaza et recommande vivement à Israël la retenue ainsi que de s’abstenir de toute activité qui mettrait en danger la vie de la population civile. De tels agissements sont contraires au droit international. De même, la présidence réitère sa condamnation des tirs de roquettes ininterrompus sur le territoire israëlien et appelle à leur fin immédiate.

La présidence rejette les représailles collectives contre le peuple de Gaza. Nous sommes profondément préoccupés par les souffrances des populations civiles israëliennes et palestiniennes. A maintes reprises, nous avons déclaré que tant les Israëliens que les Palestiniens méritaient de vivre en paix et en sécurité.

Le processus de paix ne doit pas être interrompu. Les agissements qui le compromettent devraient cesser immédiatement. L’arrêt de la violence est l’une des conditions essentielles au respect des engagements pris à Annapolis. La présidence engage vivement toutes les parties à poursuivre dans la voie de la solution négociée du conflit israëlo-palestinien, comme le stipulent les accords d’Annapolis.

 Il y a plus important en effet : Mme Rice doit se rendre sur place ces tout prochains jours, et la raison de notre silence est très certainement qu'il ne faut pas gêner, par des "bruits parasites", le message des Américains, le seul qui compte...

On voit bien les limites de la Politique extérieure de sécurité européenne, en principe commune, mais qui ne l'est pas du tout, chacun des Etats membres faisant ce qui lui plait comme il l'entend. On reste dans l'intergouvernemental et dans les décisions à l'unanimité: cela fait maintenant 30 ans que les Européens "se rapprochent" en politique étrangère. sans vraiment progresser. Le nouveau traité ne changera rien à cet état de choses, il faut le savoir : tout au plus la création d'une bureaucratie de plus, un "service extérieur européen" parallèle aux 27 ministères des affaires étrangères...     

*/ On admire le cynisme des stratèges communicants israéliens dans le choix des termes : "hiver chaud" ("hein vous allez avoir chaud quelque part les gars du Hamas!", on imagine tout à fait la grande rigolade des officiers d'état-major choisissant ce titre dans un bunker du ministère de la défense). En 2006, l'agression contre le Liban nord s'appelait simplement "pluie d'été"... n'était-ce pas mignon? ("une bonne pluie rafraichissante en ces temps de sécheresse."..).