Kosovo : J+16
Par naiko le mercredi 5 mars 2008, 05:43 - diplomatie - Lien permanent
Le Kosovo indépendant a maintenant deux semaines, et la situation sur place
est pour l'instant calme et sous contrôle.
24 Etats ont jusqu'à présent reconnu le Kosovo : c'est sans doute moins que ce
à quoi les nouveaux leaders et leurs protecteurs internationaux
s'attendaient.
On remarque toutefois un lent, mais clair mouvement de retrait des Serbes
des institutions du pays, et la "solidification" et d'autonomisation des
institutions municipales existantes autour de Mitrovica, et des signes de
rapprochement ce celles-ci avec la Serbie voisine.
Même aux Etats-Unis, le soutien à l'indépendance ne fait pas
l'unanimité.
Le Kosovo indépendant a maintenant deux semaines, et la situation sur place
paraît sous contrôle.
24 Etats ont jusqu'à présent reconnu le Kosovo : c'est sans
doute moins que ce à quoi les nouveaux leaders et leurs protecteurs
internationaux s'attendaient. La majorité des pays de l'Union
Européenne l'ont fait, un nombre significatif de pays d'Amérique
latine, plusieurs pays africians... Mais, et ce n'est pas une surprise,
aucun des grands pays émergents, et c'est plus étonnant,
aucun grand pays musulman (en exceptant la Turquie, ancien
colonisateur, et qui compte une peitite minorité turque localement). La carte
des reconnaissances suit à peu près exactement la carte des "clients" des
Etats-Unis et des Européens (pour autant qu'on puisse les identifier aussi
aisément- il faudrait plutôt parler de clients de certains pays européens comme
la France ou le Royaume-Uni).
On remarque toutefois un mouvement progressif de retrait des
Serbes des institutions du pays. Plusieurs signes montrent que la
partie du nord du pays où les Serbes sont majoritaires tend à se
rapprocher de la Serbie voisine : rétablissement d'une ligne ferroviaire fermée
depuis huit ans dont les chemins de fer serbes ont pris le
contrôle.
http://balkans.courriers.info/forum_messages.php3?id_article=9897
Le clergé orthodoxe des monastères du Kosovo a été instruit par l'archevêque serbe dont il dépend, de cesser toute relation avec la MINUK, l'administration onusienne (ce qui est paradoxal, on pourrait imaginer le contraire de leur part...)
A noter plusieurs voix discordantes -et influentes- y compris aux Etats-Unis sur le choix de l'indépendance. Par exemple, John Bolton, l'ancien ambassadeur auprès des Nations Unies, un "néo-conservateur", a mis en garde, dans une conférence prononcée deux jours avant l'indépendance, sur les risques de soutenir, contrairement au droit international, un pays corrompu, non viable économiquement, donc chroniquement instable, pouvant "servir de porte d'entrée au radicalisme islamique en Europe". C'était, selon lui, "un dossier fondamentalement européen, mal géré depuis le début" et "dont la solution incombait désormais à l'Union Européenne." Et il a lancé aux Européens : ne vous avisez plus désormais de critiquer une intervention américaine qui ne repose pas sur une résolution du Conseil de sécurité!" (allusion à l'intervention en Iraq bien sûr!). Le même a co-signé, avec notamment l'ancien secrétaire d'Etat Eagleburger, un article dans le Washington Times (du 31/01/08) :"warning light on Kosovo".
Je hasarde un pronostic (et j'aimerais bien me tromper) : le
dossier kosovar va s'inviter à l'ordre du jour déjà très chargé des dossiers
"chauds" de la présidence française...
Tout cela ne m'empêche pas de saluer notre sympathique compatriote
Delphine Borione, ancien conseiller culturel à
Rome, depuis quelques mois cheffe du bureau français de Pristina, et
désormais à la tête, en tant que chargée d'affaires, de ce qui est maintenant
notre Ambassade.