La rencontre dimanche dernier à Luxembourg des 3 "conspirateurs", les ministres des finances du Luxembourg, de l'Autriche et de la Suisse pour défendre le secret bancaire a quelque chose de profondément immoral et il faut souhaiter qu'elle entraîne des réactions fortes de la part des instances officielles de l'UE, et des pays membres. Au moment où la planète finance est dans l'état de délabrement que l'on connait, où même les financiers rasent les murs, oser aller publiquement défendre le secret bancaire comme un des droits de l'homme, défier ouvertement les Vingt-Cinq autres Etats de l'Union, en présence d'un compère non membre, et invalider par avance les décisions des 20 Etats du prochain sommet de Londres, il faut avoir la cécité d'esprits intoxiqués par leur propre poison pour le faire. Clairement, ce fut le geste de trop pour ces ministres et les gouvernements qui les ont envoyés.
En tout cas, M. Juncker, Premier ministre du Luxembourg, qui tient à son poste de Président de l'Eurogroupe, ferait bien de recommander la plus extrême prudence à ses troupes, car il risque un jour de se trouver bien seul pour se défendre lui-même. Que penser de la détermination à lutter contre les paradis fiscaux d'un groupe présidé par l'un des défenseurs les plus obstinés du déni le plus évident de la transparence que constitute le secret bancaire?  

M. Sarkozy, vous êtes attendu! Pour dire sans langue de bois ce qu'il faut penser de tels agissements, et jeudi prochain, lors du Conseil des ministres franco-allemand, marquer avec Mme Merkel que la patience a des limites dont les bornes marquent la fin, comme dirait ce bon M. Fenouillard...