"Atlantiste quand il fallait être gaulliste, attentiste lorsqu'il convenait d'être réactif, nostalgique lorsqu'il s'agit d'être pragmatique : la gauche ne s'est jamais distinguée par son audace stratégique".
                                              François Fillon

NB : juste une petite incursion dans le débat politique hexagonal...Pour saluer le talent oratoire de François Fillon, peu connu, qui s'est révélé notamment lors du (pseudo) débat sur la politique étrangère (en fait notre retour dans les structures intégrées de l'OTAN). Je ne juge pas le fond, car je suis persuadé qu'au fond de lui-même, Fillon, n'était pas convaincu par l'argumentaire qu'il développait à la tribune. Il sait dans son for que nous avons tort d'abattre ainsi, dans un jeu de poker dont le maître de cérémonie vient de changer, l'une des quelques cartes qui nous restaient. Fillon n'est pas qu'un pur pragmatique. Et il a raison de le souligner : la gauche, qui s'est trouvée aux affaires chez nous, à un moment charnière, celui de la fin des blocs, n'a pas eu l'audace nécessaire pour inventer une pensée stratégique à la hauteur du défi pour l'Europe. Mitterrand a su imposer à l'Allemagne un pas supplémentaire -et décisif- dans la construction européenne, l'abandon du mark au profit d'une monnaie "from nowhere" . Il n'a pas pu -ou voulu- aller au bout de son idée pourtant esquissée mais vite rangée dans les tiroirs aux premiers froncements de sourcil des Anglo-Saxons et des partenaires Européens, d'un nouveau traité de sécurité pour l'Europe, avec la fin des alliances militaires, pourtant édifiées pour et par la période de guere froide et de mise sous tutelle- acceptée ou subie- de l'Europe.