Le 7 juin, c'est dans à peine plus d'un mois. Le débat national va commencer. Espérons qu'il se développe et permette, quatre ans après le grand débat référendaire sur le traité constitutionnel,  d'aborder avec un minimum de sérieux de la part des candidats, de vraies questions de fond sur la construction européenne, sa nature, son avenir, ce que nous Français pouvons en attendre, comment "la crise" peut et doit (ou pas) modifier le cap suivi jusqu'à présent.

Avec de solides doutes, hélas confortés par l'expérience de cette dernière mandature parlementaire européenne de cinq ans, qui n'ont pas été loin s'en faut de grandes années pour les progrès de l'Europe, si on excepte la "digestion" de l'élargissement aux douze pays d'Europe centrale (ce qui n'est pas une mince affaire). On salue généralement le succès, globalement, de cet élargissement, et d'un point de vue technique et sur le long terme, sans doute a-t-on raison, mais on oublie chemin faisant l'impact politique considérable - lui pas du tout positif- et le changement de nature dans le projet européen provoqués par l'arrivée de ces nouveaux acteurs. On peut dire, et on reviendra là-dessus, car c'est un point qui me semble important, que l'élargissement a donné raison à ceux de nos partenaires qui en étaient les plus ardents défenseurs, soit parmi les grands joueurs, l' Allemagne et le Royaume-Uni (et dans une moindre mesure l'Italie), et aussi raison à ceux qui s'en défiaient le plus, et avant tout la France.   

Mais aussi avec une foi qui doit rester intacte dans les atouts d'une Europe unie, entité politique nouvelle, dans ce monde si incertain du XXIème siècle. Mais cette foi doit rester lucide. Elle doit nous éclairer sur les conditions fondamentales pour réussir ce projet, sur le rôle unique et irremplaçable de la France pour le faire advenir (cette affirmation n'est pas une proclamation nationaliste mais la simple constatation d'une réalité géographique et historique).