"L'avenir de l'art contemporain ne réside plus, cela au moins est certain, dans la répétition vide et morne du geste de la rupture avec la tradition en tant que telle, mais peut-être dans la recherche d'une expression des nouveaux visages du sacré à visage humain, de cette transcendance dans l'immanence qui seule désormais convient à un monde démocratique."
                                                                                       Luc Ferry 
                                                                            "le sens du beau"

NB : J'ai déjà cité cet ouvrage de Luc Ferry, très important pour qui veut comprendre, "en philosophe", les origines de l'art contemporain. Il est à compléter sans doute par d'autres analyses, plus actuelles, s'intéressant aux derniers avatars de l'"art contemporain". Tout le problème avec l'art contemporain, c'est qu'il se réfère, en empruntant le vieux terme d'art, à un univers de valeurs et de référentiels qui lui est absolument étranger, ou même plutot antinomyque. Si ceux qui s'en réclament, le vendent ou le pratiquent, employaient un autre vocable pour qualifier leur activité, les choses seraient plus claires. Les rancoeurs ou frustrations de la part de ceux qui (comme moi) tendent à voir dans ce rapprochement linguistique, au fond incongru, une sorte de rapt, n'auraient plus lieu d'être. C'est d'une nouvelle dénomination que "l'art contemporain" a surtout besoin. A côté, il y aurait ceux qui continueraient à se réclamer des valeurs et exigences d'antan (adaptées cela va de soi aux formes et besoins d'ajoujourd'hui), et qui pourraient, sans rougir, se prévaloir du beau titre "d'artistes".    
Une question subsidiaire : le monde est-il désormais et de manière irréversible, voué à la "démocratie", ou du moins à ce que l'on appelle dans les sociétés libérales évoluées "démocratie"? Le "gêne" de la démocratie est-il désormais pour l'espèce humaine, au sens darwinien un "mutant", un acquis?