Le nouvel européen

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Art contemporain

Fil des billets - Fil des commentaires

mercredi 24 décembre 2008

Une révolution...

...de plus!
il est vrai que depuis, notamment, la date fatidique du 15 septembre 2008* (ah décidément le mois de septembre ne réussit pas aux Américains, et par conséquent au reste du monde condamné -jusqu'à quand?- à essuyer les plâtres des "chutes de plafond" de ce carré de presqu'île de Manhattan..), nous devons nous habituer aux  nouvelles extraordinaires.
Mais celle-là!
Oui, je me suis équarquillé les yeux quand j'ai lu, hier soir, en pleine page deux du Monde, trôner si je puis dire, à la rubrique "débat" une libre opinion de nulle autre qu'Aude de Kerros, sous le titre apparemment neutre de "l'effondrement du financial art".
C'est un peu, toute proportions gardées, comme si Le Monde, avait prêté ses colonnes en pleines années quatre-vingt, à Jean-Marie Le Pen...
Peut-être que le nom d'Aude de Kerros ne dit pas grand-chose à "l'honnête homme moyen"...et on aura beaucoup fait pour cela...Et notamment Le Monde (d'où ma stupéfaction).
 Alors Aude, qu'elle me permette la familiarité de l'usage du prénom, c'est l'artiste qui a toujours été à la pointe du combat de l'"Art éternel", si on veut, face à sa subversion, combat qu'on a longtemps pu croire désespéré. C'est l'auteur indépassable de "l'art caché", la bible de ceux qui n'ont pas cessé de croire que l'art ce n'était pas, ce ne pouvait pas être, la caricature qu'une certaine fraction de l'élite politico-intellectuelle a voulu imposer au reste du monde, (et elle y a réussi en grande partie).
Quant au Monde, avec son critique d'art Philippe Dagen, ce fut le media d'influence le plus engagé, en tout cas pour le public français, dans la lutte pour imposer ce type d'art subverti qui a envahi nos musées depuis une bonne quarantaine d'années.
Certes A. de Kerros aborde, dans cet article, l'ennemi par le biais, c'est-à-dire par son côté le plus contestable avec un argument relativement consensuel, en France en tout cas, c'est-à-dire le détournement de la place de Paris comme capitale des arts, au profit de New-Yok auquel le "financial art" a conduit. Mais, dans les derniers paragraphes, elle fait le lien avec une politique qui a été délibérément conduite chez nous par nos propres élites culturello-médiatiques, avec l'actif concours des fonctionnaires, médiateurs conservateurs "d'art contemporain", de tout poil pour étouffer la vraie création en France au nom de la "modernité".
 Donc, il y a là un vrai revirement qu'il faut saluer. car Le Monde, toujours sur le fil du rasoir en termes de survie économique, est à l'affût de ces combats culturels qui légitiment un parcours. 

J'y vois comme un signe supplémentaire -un petit signe certes- que  nous sommes en train, avec la crise financière et économique que l'Amérique nous a une fois de plus transmise, de connaître une vraie révolution.  Mais, le combat se mène par les idées, comme dirait Gramsci, et dans le contexte français, la chute d'un des derniers remparts d'une certaine idéologie qui a fleuri dans les années soixante dix, quatre-vingt, et dont le personnage politique de Jack Lang* *a été une figure emblématique, n'est pas dépourvu de signification.   Des nullités artistiques comme Buren -je prends ce nom parmi des centaines d'autres, parce qu'il me semble le meilleur, le plus doué dans l'art qu'il a poussé à la perfection, de culpabiliser le "pauvre pékin" d'amateur d'art, voire de collectionneur- ont du souci à se faire...
Gageons que "les autres", qui sont après tout la majorité, qui tiennent encore, mais pour combien de temps, les cordons de la bourse publique, ne vont pas se rendre sans combattre....
N'empêche, c'est déjà une belle brèche qui vient de s'ouvrir.
Une pensée, au moment où le seuil critique commence à être atteint, le seuil qui fait basculer les rapports de force, pour tous ces combattants de l'ombre, de "l'Art caché", tous ces artistes vrais, qui, au long de toutes ces années, ont maintenu leur foi dans ce qu'ils savaient eux, au fond de leur conviction, de leur conscience, ce qu'est l'art, la perpétuelle exigence qu'il signifie. Une pensée pour le choix de pauvreté, d'obscurité que cela a représenté. Une pensée pour les militants d'une revue, et d'un site comme Artension (http://www.artension.fr/) qui ont défendu les couleurs de l'art et des artistes.

Et un grand merci à Aude de Kerros!

* = date de la faillite de Lehman Brothers, qui sera pour l'histoire comme le jeudi noir de 1929, le point de départ de la grande Dépression des années 2000..On attendait le Big bang, il est arrivé avec huit ans de retard.
**= qui lui aussi s'efface

  

 

mercredi 9 juillet 2008

Artco : une visite rassurante

Oui, malgré toutes les modes imbéciles et pour certaines d'entre elles dégradantes (si on pense à la haute mission de l'art,  la même aujourd'hui qu'hier et que toujours), il y a chez nous, des artistes bourrés de talent, qui pètent de santé et d'envie de vivre, c'est-à-dire pour eux de créer.
Pour le vérifier (une fois de plus) d'abord détournez-vous des conseils faisandés des critiques d'art, comme celui du Monde, et rendez-vous par exemple, à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris pour voir (gratuitement en plus!) les productions des "Diplomés" et "Félicités" de la "cuvée" 2007. 
Bien sûr, ceux qui décernent ces récompenses font partie de l'establishment artco' et ont donc tendance à récompenser les jeunes suivant leurs traces plutôt que les vrais anti-conformistes, suivant plutôt la leur. Mais une fois faite la part de ces biais, il demeure la reconnaissance de vrais talents.

Lire la suite...