"L'Europe des Etats, c'est celle où l'on peut, à tout moment,
reprendre sa promesse, pour retrouver la vieille ornière de la réalité voisin
contre voisin, qui prélude à tous les antagonismes belliqueux. L'Europe des
Etats, c'est l'Europe au service des Etats, c'est-à-dire à terme, notamment
quand ne cesse de croître le nombre des pays de l'Union, très peu d'Europe
et beaucoup d'Etats, avant que l'on ne découvre l'inéluctable conclusion : plus
d'Europe du tout".
François Bayrou
NB : il faut relire l'ouvrage, prophétique à maints égards, de Bayrou, le "droit au sens". Pour le chapitre Europe, il place bien au centre de la problématique, mais sans hélas approfondir suffisamment, la question de la relation Europe, Nation, et comment les deux réalités se complètent, s'épaulent mutuellement. Il écrit de l'épisode du référendum sur Maastricht : "le texte était adopté, ce qui était une étape, l'oeuvre historique était préservée, ce qui était important. Mais pour combien de temps? Telle apparaissait la véritable question ouverte par le Traité de Maastricht, et à laquelle on ne peut proposer qu'une réponse que nous développerons par la suite : tant que les peuples qui composent l'Union ne garantiront pas un avenir à leur identité, l'Europe sera menacée".