(carte empruntée au site du MAEE-France-Diplomatie).
L'action irresponsable du Président Saakashvili, qui a cru pouvoir impunément lancer ses troupes contre la République sécessionniste d'Ossétie du sud, enflamme tout à coup les chancelleries, encore sous le choc du spectacle de force, de parfaite organisation, d'élan collectif  qu'a donné la Chine au monde entier.
Il faut toujours se méfier des mois d'août...C'est en août que Saddam Hussein a envahi le Koweit, que Brejnev a envahi la Tchécoslovaquie...
Cela fait longtemps que la situation était tendue en Ossétie. Des incursions aériennes d'avions russes avaient  été relevées au début du mois de juillet. Mais surtout il y avait  eu le déplacement de Condoleeza Rice sur place, au même moment(9/07). Au cours de ce voyage éclair,  la secrétaire d'Etat avait lancé de sérieux avertissements à la partie russe. Mais à l'époque, c'était surtout l'Abkhazie qui causait du souci. Car la Géorgie a deux épines au pied : l'Ossétie du sud, la plus petite, mais surtout l'Abkhazie, un morceau de territoire beaucoup plus important, disposant d'un littoral sur la mer noire, où un gouvernement sécessionniste est en place, et a d'ailleurs été renouvelé l'an dernier à la suite d'élections contestées. Les Abkhazes n'attendent qu'un signe de Moscou pour bouger. On se souvient qu'en 1993, à la suite de la déclaration d'indépendance de la Géorgie, les Abkhazes, soutenus par l'armée russe, avaient chassé les troupes géorgiennes, et  plus de 200.000 habitants géorgiens. 
Toutefois, la situation, pour grave qu'elle ait pu paraître, n'avait pas alors semblé requérir une action urgente. La présidence finlandaise de l'OSCE, n'a pas cru devoir, plus que d'habitude, tirer la sonnette d'alarme lorsque sa représentante, revenue d'une mission éclair sur place (où il y a une mission de l'OSCE dont le but est justement de jouer les bons offices, de réduire les tensions etc...et dont la cheffe est une diplomate finlandaise, Terhi Hakala), a fait un compte rendu de situation devant les délégués au Conseil permanent de l'organisation à Vienne, lors de sa réunion du 14 juillet dernier.
Maintenant le président géorgien proclame l'état de guerre avec la Russie, appelle l'Occident au secours...Fait-on la guerre à la Russie? Non, alors...L'occident viendra-t-il à sa rescousse? Non. Il n'en n'a pas les moyens. C'est la Russie qui a, sur le terrain, et au stade militaire où en sont arrivées les choses, toutes les cartes en mains. On peut, on doit le regretter, mais c'est ainsi. Reste à entamer les négociations...Il faut savoir que cela aura un prix et que ce prix ira croissant avec le développement des opérations militaires.  La légèreté des Occidentaux dans l'affaire du Kosovo trouvera ainsi peut-être sa sanction. Dès le mois de mars, Poutine, qui était encore président, avait donné instruction à son administration de renforcer les contacts avec l'Abkhazie et l'Ossétie du sud. Les deux régions sont intéressantes pour Moscou, au-delà de la "solidarité" avec des populations qui demandent à être rattachées à la fédération de Russie : l'Abkhazie à cause du débouché sur la mer, l'Ossétie parce qu'elle constitue une voie d'entrée facile en Géorgie. 
Pour information : l'Union Européenne a souscrit, dans le cadre de la politique de voisinage, un plan stratégique 2007/13, par lequel les deux parties s'engagent sur un certain nombre d'objectifs.
 http://ec.europa.eu/world/enp/pdf/country/enpi_csp_georgia_summary_fr.pdf