Quand notre Président dit que nos économies ne peuvent tout simplement pas supporter le doublement du prix du baril en moins d'un an, à 140$, tout le monde se récrie, la Commission fait les gros yeux, et les ministres européens y vont chacun de leur déclaration sceptique ou carrémént ironique.
Certes on peut discuter le remède proposé, soit la baisse de la TVA sur les produits pétroliers.
Mais quel gouvernement responsable peut de bonne foi, contester le diagnostic? La vérité, c'est que "le marché", ou plutôt sa caricature, (car qu'est-ce que le marché du pétrole? Combien y a-t-il d'acteurs sur la place?) est en train d'étrangler nos économies, et donc nos sociétés, déjà bien mal en point. C'est vrai pour tous les Etats non producteurs de pétrole, mais c'est encore plus vrai des économies européennes et plus encore de celles de l'euroland.
Il serait peut-être temps de faire front commun, les pays du G8, avec la Chine et l'Inde, qui pâtissent tous de cette poussée spéculative. Pour une fois, nos intérêts à tous les "grands" sont convergents.
Or, au nom de la réduction (nécessaire) des gaz à effet de serre on confond les mesures progressives et à moyen terme d'adaptation d'un mode de production économique avec les actions unilatérales déstabilisatrices. Et, avec la logique de Gribouille, certains font même mine de se réjouir d'une telle politique de véritable agression contre nos économies.
Là la menace n'est pas hypothétique, et à venir, elle est présente, et frappe déjà, et l'effet de chaîne de l'augmentation hyperbolique va développer ses effets dans les semaines et mois à venir, avec le freinage de la machine économique déjà bien secouée par les subprimes, et le retour de l'inflation. 
Et nous subissons passivement, avec un masochisme inquiétant, les oukazes des spéculateurs, et le silence ambigu des pays de l'OPEP qui tout en affirmant haut et fort que les prix ne correspondent pas à l'état du marché, ne prennent aucune mesure pour calmer les opérateurs.
Quant aux Etats-Unis, qui pourraient seuls lancer et coordonner ce mouvement, on voit l'état de leur affaiblissement actuel.  
 Alors, Monsieur Sarkozy, tant que vous n'êtes pas complètement ligoté par votre fonction de Président de l'UE, profitez-en pour semer les graines de la lucidité dans l'esprit de nos dirigeants européens (et occidentaux) anesthésiés. 
Parmi les priorités de la Présidence, il y a la politique énergétique. Mais il faut se soucier du présent,  et introduire un volet évolution raisonnée, et stabilité des prix de la ressource (aspect tout à fait laissé de côté dans le plan de l'Union, toute à ses préoccupations pour le 22ème siècle). C'est un problème pour tout le monde et d'abord pour les Etats les plus pauvres. C'est aussi en leur nom qu'il faut aborder cette question, la plus urgente. Ce n'est pas une question facile. Mais elle doit être abordée.
Il serait surréaliste qu'au prochain Conseil européen, soit dans moins de trois semaines, la question du prix du pétrole ne soit pas évoquée, et de premières lignes de reflexion pour l'action suggérées.
il y va du droit de légitime défense...