D'un déplacement (professionnel) à Rome, je retire les impressions fugaces
suivantes:
- d'abord Rome est toujours Rome..toujours plus belle, plus propre, avec son
centre plus agréable grâce aux zones piétonnières,
- une question en forme de miracle : comment se fait-il que, dans cette ville
multimillionnaire, l'eau des fontaines soit aussi fraîche, aussi pure qu'elle
l'était sans doute il y a cet ans ou mille ans ? D'où vient-elle, en telle
abondance? Je ne connais pas d'autre ville, sauf peut-être dans des
massifs alpins ou pyrénéens (mais alors dans ce dernier cas pas toute l'année),
où les fontaines restent ainsi à disposition gratuite de tous, comme le premier
don de Dieu ou de Dame Nature (eh oui, nous sommes à Rome,
alors...),
- il y a en ce moment un état de grâce dont bénéficie Berlusconi : élu, bien
élu, sur un mandat clair, il dispose contre toute attente (une fois de plus les
pronostics se sont trompés) d'une bonne majorité au Parlement (aux deux
chambres car l'Italie est un régime de bicamérisme absolu) et a une majorité de
l'opinion derrière lui. Sur les thèmes de la sécurité, de la lutte contre
l'immigration sauvage, du redémarrage économique, il sait qu'il doit faire et
faire vite. Les débuts, avec la militarisation du problème des ordures de
Naples, semblent avoir convaincu (sauf les riverains des dix
dépôts provisoires dont la création a été décidée au cours de ce conseil
des ministres extraordinaire tenu à Naples même - une première en Italie-dépôts
qui seront considérés comme zone militaire et gardés par l'armée, en
attendant la construction des incinérateurs,
- Berlusconi "deuxième manière" ("j'ai changé"..peut-on changer à 70 ans?),
plus homme d'Etat que jamais, plus "posé", tenant fermement la barre,
colle bien à l'image qu'attend l'âme italienne d'un chef politique. Si j'osais,
je dirais qu'il a quelque chose de "mussolinien" (sans le côté dictature honni
de tous, et étranger à la culture politique italienne),
- les réactions des Européens aux premières mesures sur les étrangers sont
évidemment suivies de très près. Il faut être très prudent, et posé, si on veut
être entendus sur ce sujet actuellement (et on doit pouvoir l'être, pour bien
"encadrer" les mesures dans les limites du respect des règles
conventionnelles...Sans oublier que, pour l'instant, en l'absence de politique
commune de l'immigration, ces règles sont fort peu nombreuses, et que par
conséquent, les Etats ont encore une grande latitude dans la gestion de leur
politique de l'immigration...surtout lorsqu'elle est présentée comme
liée, comme c'est le cas en Italie, à la politique de sécurité publique.
La méthode espagnole (des propos comme ceux de Mme de la Vega, conseillant des
séances de thérapie -et beaucoup!- pour guérir ce "machiste invétéré"), n'est
sans doute pas la plus efficace : la rencontre prévue entre Zapatero et
Berlusconi devrait permettre d'aplanir les malentendus entre ces deux pays
latins,
- le projet de fédéralisme est un point dur de l'accord de coalition avec la
Ligue du Nord, et il faudra voir le contour que prendra la projet qui va être
présenté à l'approbation des Chambres. On le sait, un premier projet de
"fédéralisation" de l'italie avait été repoussé par référendum lors du premier
gouvernement Berlusconi. Nous devrons être attentifs au débat, qui pourrait un
jour nous intéresser...
- enfin, une exposition superbe sur Sebastiano del Piombo (contemporain de
Michel Ange) dont trois ou quatre tableaux de toute beauté tirés de
collections américaines.
Conclusion (en forme de conseil): soignons, nous Français, nos
relations avec Rome car nous sommes bien sur une longueur d'ondes très
voisine en ce moment. Il faut en profiter...
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jeudi 29 mai 2008
impressions romaines
Par naiko le jeudi 29 mai 2008, 18:26 - Brèves d'humeur