"Alors que l'individualisme est si fortement proclamé et affirmé, au oint de ne supporter ni limite, ni contrainte, pourquoi dans ces civilisations,  avancées les individus ont tous, à quelques exceptions près, des comportements similaires et moutonniers qui les conduisent à penser de la même façon, avec les mêmes concepts, à afficher les mêmes goûts, à s'habiller de la même manière, à vivre les mêmes expériences à date fixe, à sacrifier aux mêmes pulsions, à parcourir la planète en empruntant les mêmes sentiers balisés, à redouter les mêmes menaces, en un mot à être si conformistes? Il ne s' agit pas d'un mince paradoxe. Il revient à reconnaître que l'affirmation tous azimuts de l'individualisme institutionnel est une négation, le renoncement à un destin."
                                                                       François-Xavier Albouy

NB : Tiré d'un petit ouvrage décapant, "Le temps des catastrophes", d'un universitaire économiste, qui essaye de réfléchir à ce paradoxe : jamais le monde globalement n'a été aussi sûr, et pourtant jamais le sentiment d'insécurité n'a été aussi élevé...Pour bien comprendre l'extrait cité, il faut avoir bien claire à l'esprit la définition du terme "destin", à la jointure de l'individu et du collectif, ou de l' Autre ( un dessein qui suppose un "dessinateur" indifié(able) ou non).