Etrange phrase que celle qui concluait notre précédent billet sur le Livre
Blanc : l'Alliance atlantique est-elle vraiment, en 2008,
essentielle à la sécurité de la France?
C'est en tout cas un des propos liminaires du dernier chapitre de la première
partie du L.B. où sont abordées, avec un certain courage, compte tenu des
tabous qui ont entouré depuis longtemps la question, la relation entre
l'OTAN et l'UE, le "retour" de la France dans l'OTAN. On y rappelle tout
d'abord les accords dits de "Berlin plus" qui lient l'UE à
l'OTAN, soit les conditions dans lesquelles l'UE peut utiliser les moyens de
l'OTAN pour mener une opération de manière indépendante. ..Le problème en
effet, c'est que la plupart des pays de l'UE n'ont pas les moyens (à supposer
qu'ils en aient l'envie) de mener des opérations militaires seuls, en termes de
logistique, de capactié de projection etc...ni même les moyens de tenir des
engagements en termes de disponibilité vis à vis de l'OTAN (21 sur 26 sont
membres de 'OTAN) et en même temps vis à vis de l'UE. C'est donc l'OTAN qui
prime, au moins pour les 21 Mais les possibilités ouvertes par les accords de
Berlin plus (qui sont en même temps un redoutable aveu d'impuissance, car si
vous faites appel aux moyens d'un autre pour vous aider, vous vous placez sous
sa subordination) contiennent quelques conditions, sur lesquelles le L.B.
conserve une certaine discrétion ...L'exigence américaine -soutenue par
Britanniques et Allemands- a été qu'à chacune de ces opérations menées par l'UE
avec l'aide de l'OTAN, on puisse associer les membres de l'OTAN non UE ...d'où
le veto turc posé à chaque fois, comme maintenant dans la préparation de
l'opération Eu-Lex au Kosovo (membre important, comme on sait de l'OTAN),
et que ce soit le commandant Europe des forces alliées (des forces
intégrées de l'OTAN- toujours un Européen, mais un "Otanien"). Les forces
demandées doivent être "séparables, mais non séparées"..On ne retrouve pas
cette dernière condition dans le descriptif du L.B. ..Il donne bien
l'objectif, qui est la construction d'un partenariat renouvelé
entre les Etats-Unis et l'Europe, mais pas les clés pour y parvenir. Il place à
l'horizon de 2009, autant dire demain, pour le 60 ème anniversaire de
l'Organisation, le retour de la France dans la totalité des institutions de
l'Alliance, et suppose que ce partenariat renouvelé pourra être négocié
entre-temps...N'est-ce pas faire preuve d'un optimisme éxagéré?