je reviens sur la possibilité pour l'Etat de ne pas laisser partir en vente
aux enchères la collection Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent.
Dans cent ans on aura oublié pour quelles obscures raisons l'Etat n'avait pas
pu, au moment opportun, trouver les 300 millions d'€ nécessaires au rachat de
l'ensemble de la collection de
Bergé-Saint-Laurent. Mais ceux qui auront encore assez de culture pour
s'en rendre compte ne tariront pas de reproches pour fustiger la courte vue des
décideurs de l'époque.
Le moyen juridique existe, c'est le droit de préemption. Il existe aussi plus simplement encore la possibilité de classer en procédure d'extrême urgence la collection comme "trésor national" (L.121-1 du code du patrimoine). Cette collection unique n'en est -elle pas devenue un depuis que des milliers de Français ont pu la voir, et se l'approprier on peut dire physiquement grâce à l'organisation d'une exposition publique des oeuvres, en un geste, il faut le dire, révolutionnaire de Pierre Bergé (je ne sais pas si lui-même s'est pleinement rendu compte de l'élégance, de la profonde valeur esthétique -et politique- de son geste).
300 millions d'€, c'est à peine un peu plus de 10% de ce que notre Président vient de promettre en à peine une demi journée le 18 février, aux partenaires sociaux réunis en "Sommet social" au titre des mesures d'accompagnement social à la crise...
L'endroit pour abriter cette collection? Il est tout trouvé. C'est
le
Château de Champs (94), domaine de l'Etat, actuellement en
restauration, voué apparemment, une fois restauré, à loger le Centre
national des monuments historiques. Eh bien le Centre ira ailleurs. Les
collections de B/YSL y trouveront leur place. Et nous aurons un joillau de plus
sur la terre de France, et plus précisément d'Ile-de-France. Je lance
un appel aux responsable politiques aux élus locaux, au Maire de
Champs, notamment : Voila une occasion de pérenniser la vocation du chateau de
Champs qui a longtemps cherché sa voie et sa place dans la constellation des
domaines de prestige de l'Etat, et doit achever sa restauration dans 3
ans... Réveillons-nous de notre torpeur! Notre richesse, c'est, bien
autant que les Airbus*, notre patrimoine culturel..
* : d'ailleurs désormais plus allemands que français..